Actualisé 02.03.2016 à 13:15

Présidentielle américaineHillary Clinton se prépare à affronter Trump

Selon le New York Times, les stratèges de l'équipe Clinton envisagent de confier le sale boulot de répliquer à Donald Trump à Bill Clinton.

Le magnat de l'immobilier a un avantage: sa flexibilité idéologique. Elle pourrait lui permettre d'aller chercher les voix des électeurs indépendants, au centre.

Dans le passé, Donald Trump a déjà fait preuve d'un remarquable opportunisme, passant de la gauche à la droite en fonction de ses intérêts d'homme d'affaires, sur le droit à l'avortement ou les armes à feu. Aujourd'hui encore, il n'épouse pas complètement l'orthodoxie républicaine, envoyant des signaux mitigés sur l'immigration, la santé, le libre-échange et la relation avec Israël.

Direction le centre

Il a même défendu mardi le rôle du réseau de planning familial et de cliniques d'avortement Planned Parenthood, que les Républicains attaquent avec une extrême virulence. «Il est déjà allé au centre», argue Cary Covington, professeur de sciences politiques à l'Université de l'Iowa. «Je ne pense même pas qu'il ait à changer.»

Donald Trump répète qu'il pourrait gagner en novembre dans des Etats démocrates comme le Michigan, où la population blanche ouvrière pourrait être sensible à son discours antisystème et protectionniste. Le rejet de plus en plus public du milliardaire new-yorkais par des élus conservateurs ne ferait que renforcer sa cote.

«Plus les élites du parti protestent contre Donald Trump, plus ça l'aide, car ce ne sont pas des gens que la base respecte», explique Norman Ornstein, de l'American Enterprise Institute.

«Amour» et «gentillesse»

Mais Hillary Clinton a déjà commencé à transformer la campagne en référendum sur l'intolérance supposée du Parti républicain et de son favori. Elle dépeint Donald Trump comme un homme xénophobe et sexiste qui déchirera l'Amérique. Comme avec Barack Obama en 2008 et 2012, sa stratégie repose sur la mobilisation des minorités noires et hispaniques.

«Je vais continuer à dénoncer l'intolérance et le harcèlement», a-t-elle lâché à des journalistes mardi à Minneapolis. Dans ses discours, elle parle désormais d'«amour» et de «gentillesse».

Mais l'ex-Première dame, ex-sénatrice et ex-secrétaire d'Etat représente l'establishment par excellence, dans une année marquée par la colère antiélites. «Il y a énormément de gens qui veulent mettre leur poing dans la tête du système, et Donald Trump est ce poing», a dit David Axelrod, ancien stratège de Barack Obama, au site Vox. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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