Actualisé 03.10.2006 à 19:44

«MON FRERE SE MARIE»Histoire mouvementée d'un mariage bourgeois pas comme les autres

Tout commence comme dans n'importe quel mariage ordinaire d'une famille nombreuse.

Vinh en pince pour Sarah. Et Sarah pour Vinh. Comme par hasard, ils décident de se mettre la corde au cou. Rien de très surprenant jusque-là. Sauf que Vinh est un réfugié boat people accueilli il y a vingt ans en Suisse. Pour son mariage, il désire inviter aussi ses parents de sang, vietnamiens. Seul hic: le futur marié pense devoir continuer à leur cacher les travers de sa famille adoptive. Le temps d'un mariage, les parents divorcés devront ainsi s'unir de nouveau. Toujours comme si de rien n'était, la fille devra roucouler dans les bras de sa mère alors qu'elle la supporte difficilement.

La mascarade dérape très rapidement dans les gags à répétition. La star du cinéma suisse Jean-Luc Bideau se faisant un malin plaisir d'exploiter ses pitreries irrésistibles. Le film ne se limite pas uniquement à une succession de scènes cocasses. Il sait aussi surfer sur des vagues plus dures qui font parfois mal. «Mon frère se marie» est ainsi une tragicomédie familiale sur un mariage réussi. Au final, tout est beau dans cette première fiction de Jean-Stéphane Bron: de la robe de mariée à la lutte finale dans une cuisine, en passant par la cérémonie et le pique-nique au bord du lac Léman. Tout y est tellement beau que cela devient quasi irréel.

Jean-Stéphane Bron réalise sa première fiction

Le réalisateur lausannois est connu du documentaire suisse. Il a marqué les annales du box-office helvétique avec le docu-thriller «Le génie helvétique» en 2004, qui a fait plus de 100 000 entrées. Autant dire que son premier film de fiction, «Mon frère se marie», est attendu au tournant. Jean-Stéphane Bron semble bien supporter la pression. Il répond avec calme entre une bouffée de cigarette et un sourire charmeur.

– Comment vivez-vous la sortie de votre premier film de fiction?

– Cela ne change rien. C'est un film comme les autres. En revanche, l'attente du public et des professionnels est différente. La fiction est considérée comme la catégorie reine.

– Votre expérience du documentaire a-t-elle été utile?

– J'ai appliqué une règle apprise dans mes premiers films: donner à chaque personnage sa chance, en bien ou en mal. Il n'y a pas de héros dans «Mon frère se marie». Le protagoniste est la famille.

– Une famille qui vous est proche?

– Je suis parti de deux éléments personnels: mon frère adoptif est d'origine vietnamienne, et mes parents sont divorcés. Puis j'ai essayé de raconter une succession de minidrames susceptibles de toucher un large public.

– Un des pères de famille est interprété par la star Jean-Luc Bideau...

– Au début, j'étais terrorisé. De nouveau, le documentaire m'a servi. J'ai construit une relation de confiance pour l'amener là où on ne l'avait jamais vu: dans un univers beaucoup plus intime et plus touchant.

– Votre prochain film, un docu ou une fiction?

– J'ai commencé un docu-thriller sur la mondialisation financière il y a un mois. Un projet qui durera cinq ans. Entre-temps, j'espère trouver le temps de tourner une autre fiction qui se déroulera dans le pôle Nord.

Dominique Botti

De Jean-Stéphane Bron, avec Jean-Luc Bideau, Aurore Clément, etc.

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