Actualisé 24.04.2019 à 20:58

Genève

Hodgers gèle l'installation de nouvelles antennes 5G

Le conseiller d'Etat ne délivrera plus de sésames pour la construction d'émetteurs. Objectif: ralentir le déploiement de la 5G.

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Maria Pineiro/David Ramseyer

Gros coup de frein pour la 5G. Alors que le Grand Conseil a demandé un moratoire sur cette technologie, il y a une semaine, Antonio Hodgers a décidé de «geler» toutes les autorisations pour de nouvelles antennes. «Nous n'avons pas le pouvoir de stopper la 5G, mais pouvons ralentir son déploiement. Le Canton ne peut pas empêcher les opérateurs d'adapter les installations existantes à cette technologie», a précisé l'élu chargé du Département du territoire.

Le magistrat a vécu le lancement du réseau 5G de Swisscom mercredi 17 avril, en pleine polémique, comme «une provocation». Le même jour, le Conseil fédéral a modifié l'ordonnance sur le rayonnement non-ionisant «en catimini et dans des termes vagues», affirme-t-il. «J'ai le sentiment qu'on avance à marche forcée alors que tout n'est pas clair.»

Multiplication des ondes: un danger?

Ce gel pourrait s'appliquer jusqu'à la publication du rapport commandé par le Conseil fédéral sur la nocivité de la 5G. Il est attendu cet été. «Le principe de précaution doit s'appliquer», défend Antonio Hodgers. Le magistrat estime qu'un moratoire, tel que demandé par le parlement cantonal, aurait été juridiquement difficile à défendre à long terme.

Au-delà, l'élu juge que le débat doit porter non pas sur la 5G en tant que telle, mais sur la multiplication des ondes. «C'est une véritable question de santé publique.» Un avis partagé par Bertrand Buchs, l'auteur de la motion sur le moratoire. Le député PDC se dit satisfait de ce gel de nouvelles installations: «Il faut faire une pause et prendre le temps de réfléchir aux conséquences de ces évolutions sur nos existences.»

La carte suisse des antennes 5G (crédit: Keystone-ATS)

La 5G: nouveaux risques ou nouvelles opportunités? (crédit: Keystone-ATS)

Mesure jugée incompréhensible

La décision du Conseil d'Etat laisse Swisscom sans voix. «On peine à comprendre ces gels ou ces moratoires, que ce soit à Genève ou ailleurs, lâche Christian Neuhaus, porte-parole de l'opérateur. Nous sommes simplement dans la continuité de la 2G, 3G et 4G, avec des fréquences similaires ou identiques à celles déjà en place». Par ailleurs, ajoute-t-il, «le déploiement de la 5G se règle au niveau fédéral, pas cantonal, et c'est même une obligation de l'Office fédéral des communications (OFCOM) lors de l'achat de fréquences». L'homme souligne enfin que les normes suisses de rayonnement sont dix fois plus sévères que celles édictées par l'Organisation mondiale de la santé. Christian Neuhaus pointe aussi du doigt «l'explosion des besoins en matière de données numériques», notamment dans le secteur de l'industrie: «En ce sens, la 5G constitue un pas important».

Méfiance partout en Suisse romande

Les exécutifs vaudois, neuchâtelois et jurassien ont devancé le gouvernement genevois. Depuis le début du mois d'avril, ils ont tour à tour décidé un gel des autorisations de construire pour de nouvelles antennes 5G. Alors que le débat est peu nourri de l'autre côté de la Sarine, la plupart des cantons romands jugent judicieux d'attendre le rapport de l'Office fédéral de l'environnement, cet été, avant d'ériger de nouveaux émetteurs. Du côté du Valais, le Grand Conseil devrait débattre de la 5G durant sa session de mai.

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