Genève: Hodgers veut plus de logements à loyer libre
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GenèveHodgers veut plus de logements à loyer libre

Le conseiller d'Etat désire que plus d'habitat locatif soit construit pour la classe moyenne. Il a fait ce mardi un point sur la situation fin 2015.

par
Jérôme Faas
Antonio Hodgers, conseiller d'Etat Vert chargé du Logement.

Antonio Hodgers, conseiller d'Etat Vert chargé du Logement.

photo: Keystone/Martial Trezzini

Genève met assez de logements subventionnés sur le marché pour répondre aux besoins. En revanche, la part de villas et d'appartements en PPE est trop élevée, a analysé ce mardi le conseiller d'Etat Antonio Hodgers. Depuis dix ans, la production des biens à vendre tourne autour de 40% du total, «alors que seuls 10% à 15% des ménages peuvent prétendre accéder à la propriété», a observé l'élu. Par conséquent, les logements à loyers libres, destinés à la classe moyenne, ne représentent que 15% à 20% du total. «Je trouve que cette tranche intermédiaire est faible. On doit être beaucoup plus offensif pour offrir un logement aux familles de la classe moyenne.»

«Le logement, c'est comme le Mikado»

Dans ce même registre de défense de cette catégorie de la population, le conseiller d'Etat a insisté sur l'utilité des zones de développement, ces secteurs où l'Etat contrôle les prix durant dix ans après la construction. «Lorsqu'on observe les prix des loyers, on constate que les loyers libres anciens sont assez proches de ceux des biens subventionnés. La grande différence, c'est le changement de locataire. A ce moment surviennent des hausses de plusieurs centaines de francs, qui peuvent monter jusqu'à 20% ou 30% pour les six pièces. Ces augmentations sont récurrentes depuis 15 ou 20 ans. Un système tel que les zones de développement permet d'éviter ce saut dont les jeunes générations sont les premières victimes. Car le logement à Genève, c'est comme le Mikado: celui qui bouge a perdu.»

Beaucoup d'autorisations de construire

Dans cet arrêt sur image de la situation pour l'année 2015, Antonio Hodgers a aussi remarqué que plus de 2000 logements avaient été construits durant l'année, «un record depuis les années nonante». Mais surtout, «ce qui est enthousiasmant pour la suite, c'est le nombre de logements autorisés», donc à venir dans un futur proche: près de 2500, comme en 2014.

«Grandes pressions politiques»

Le ministre a enfin rappelé que l'objectif de son département, pour la période 2014-2018, était de planifier 2 millions de mètres carrés destinés au logement (l'unité étant le m2 de plans localisés de quartier -PLQ- adoptés par le gouvernement). En 2013 et 2014, 611'000 m2 l'ont déjà été. Mais un pic de production devrait intervenir en 2018, avec 800'000 m2 pour cette seule année. Y concourront notamment les Grands Esserts, les Vernets et les Cherpines. «Mais soyons clairs, ces chiffres sont soumis à de grandes pressions politiques: des communes qui font tout pour retarder l'adoption des PLQ, et du Grand Conseil qui doit modifier les zones.»

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