Actualisé 30.05.2013 à 14:34

France

Hollande accusé de brader les vins de l'Elysée

La présidence française, en quête de ressources financières, vend aux enchères jeudi et vendredi 10% des 12'000 bouteilles de sa cave, espérant des envolées des prix avec des crus rares.

Cette démarche inédite est dénoncée par certains comme un bradage à l'étranger du patrimoine français.

Cette démarche inédite est dénoncée par certains comme un bradage à l'étranger du patrimoine français.

La vente devait débuter jeudi à 17h30 GMT à la salle des ventes Drouot à Paris et se poursuivre vendredi à 12h GMT. Les prix pourraient s'envoler, tant cette vente est symbolique. «Les grands crus vont partir à l'étranger, comme dans les autres ventes de vin», juge l'expert Ambroise de Montigny. Des clients d'Asie, des Etats-Unis et de Russie sont attendus.

Les bouteilles mises aux enchères ont été exposées mardi et mercredi dans une cave en banlieue parisienne, où elles ont attiré, mêlés aux badauds, des journalistes du monde entier ainsi que des sommeliers de grands restaurants parisiens et des négociants de clients étrangers. Elles ne devaient en revanche pas être montrées lors de la vente.

Ces bouteilles, dont certaines ont accompagné de grands moments de l'histoire de la Ve République, porteront une étiquette ronde, mentionnant leur provenance, «Palais de l'Elysée», avec la date de la vente. Au total, 1200 bouteilles de la cave créée en 1947 sous la présidence de Vincent Auriol, sont mises aux enchères.

Une goutte d'eau par rapport au budget de la France

Dans une lettre au président socialiste François Hollande, Michel-Jack Chasseuil, propriétaire dans l'ouest d'une prestigieuse cave à vins et spiritueux, se désole de voir un «véritable patrimoine de notre pays» «partir aux milliardaires du monde entier».

«Si les bouteilles (...) peuvent en effet rapporter une belle somme, cela représente un détail dérisoire par rapport au budget de la France, compte-tenu du prestige que représentent ces vins aux yeux du monde entier!», écrit-il.

Le choix de l'Elysée de vendre une partie de ses bouteilles vise à «permettre un renouvellement de sa cave par autofinancement», selon un communiqué de Drouot. «Dans un souci de saine gestion, le produit de cette vente sera réinvesti dans des vins plus modestes et l'excédent sera reversé au budget de l'Etat», selon la même source.

De 20 à 2500 euros

«Les 1200 bouteilles sont très représentatives de la production de vin en France», souligne la commissaire-priseur Ghislaine Kapandji, de la maison Kapandji-Morhange, en charge de la vente. Les Bordeaux et Bourgogne dominent mais des vins d'Alsace, de la Loire, de la vallée du Rhône et du sud-ouest sont également proposés.

Les estimations vont de 20 à 2500 euros. La plus haute revient à un Petrus de 1990 estimé entre 2200 et 2500 euros. La bouteille la plus ancienne date de 1936: un château Latour remis en bouteille en 1997. Un autre Latour, datant de 1961, fait partie des estimations les plus élevées, entre 2000 et 2200 euros.

L'expert Ambroise de Montigny cite aussi, parmi les plus grands crus, des bouteilles de Romanée de 1985: un vin extrêmement rare car «c'est la plus petite AOC (appellation d'origine contrôlée) de France», souligne-t-il. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!