Actualisé 13.06.2012 à 18:55

Législatives françaisesHollande confronté au «Trierweilergate»

Pris entre son ex-concubine et sa compagne, François Hollande est embarrassé par la «faute» de Valérie Trierweiler, qui a ouvertement apporté son soutien à Olivier Falorni.

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Valérie Trierweiler a déclenché une tempête médiatique en apportant son soutien à l'opposant de Ségolène Royal.

Valérie Trierweiler a déclenché une tempête médiatique en apportant son soutien à l'opposant de Ségolène Royal.

En postant un tweet en forme de coup de poignard à Ségolène Royal, ex-compagne du président François Hollande, la première dame de France, Valérie Trierweiler, a signé par la même occasion la première tempête politique jamais déclenchée par Twitter en France.

«@valtrier: courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé»: ces 137 caractères de soutien au candidat socialiste dissident opposé à Mme Royal, pied de nez à la consigne du Parti socialiste de M. Hollande pour les législatives, ont provoqué la stupéfaction sur le réseau social. Encore plus grande après sa confirmation à l'AFP.

Stupéfaction de François Hollande

Selon Europe 1, ce serait un de ses proches collaborateurs qui aurait averti le président de ce message. Plusieurs témoins affirment que François Hollande serait entré dans une colère noire, stupéfait que la rivalité entre les deux femmes s'étale sur internet. Pour «Le Parisien», Hollande aurait déclaré: «Elle a dépassé les bornes.»

L'Elysée a donc pris les choses en main sous la direction du premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Europe1 affirme que la version officielle est que ce tweet représente l'avis personnel de Valérie Trierweiler et que François Hollande continue d'apporter son soutien aux candidats du PS.

«Idiot» de parler de jalousie

Dans un entretien sur RTL, la première dame a tenté de s'expliquer. Elle affirme qu'il n'y a «pas d'interférence entre vie publique et vie privée» et se justifie en expliquant qu'elle a trouvé «injuste le déferlement contre Olivier Falorni, qui est l'un des plus anciens et solides soutiens de François Hollande».

Mme Trierweiler se défend toutefois d'avoir attaqué directement Ségolène Royal. «Parler de jalousie est idiot», a-t-elle déclaré au journaliste de RTL.

Garder sa «réserve»

Le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, a invité mercredi la compagne de François Hollande à la réserve.

«C'est un message personnel qui répond a des considérations personnelles alors même qu'il faut, je crois, qu'elle prenne la réserve qui doit être la sienne en tant que compagne du président de la République», a affirmé François Rebsamen sur France Info. Ce proche du chef de l'Etat avait codirigé la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007.

«Savoir garder ses passions»

Claude Bartolone, député du PS de Seine-Saint-Denis (Paris), a estimé quant à lui que ce tweet était «une faute» à cinq jours du deuxième tour des législatives.

«Il y a près de 500 candidats de gauche qui sont à ce deuxième tour, c'est pas simplement en Charente-Maritime que se décide la majorité pour soutenir le changement de cap (...) tout ce qui nous fait sortir de la trace de la campagne électorale, c'est bon pour l'abstention et c'est bon pour l'opposition», a-t-il dit.

«Si nous n'étions pas en campagne électorale, qu'il puisse y avoir une nouvelle fois la démonstration que la politique est faite par des femmes et des hommes de chair et de sang, avec leurs haines, leurs amours et leurs passions, cela ne me dérangerait pas. Mais actuellement, c'est d'une chose beaucoup plus importante qu'il est question», a indiqué Claude Bartolone.

«On devrait être en train de discuter des attouchements qui existent entre la droite et l'extrême droite (...) il y a des moments où il faut savoir garder ses passions.»

Un problème de statut

Sur BFMTV, l'ancienne ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé que, «au-delà du mélange des questions personnelles et des questions politiques, de l'affect et de la politique», cette affaire posait le problème du statut de Valérie Trierweiler.

«On ne sait pas si Valérie Trierweiler s'exprime comme compagne du président de la République, comme militante socialiste, ou comme journaliste engagée», a-t-elle dit.

«Si demain on a la même confusion pour un sujet majeur pour la France, pour l'image de la France dans le monde, il se passe quoi? Je suis pour la plus grande réserve sur ce qui concerne les questions familiales et les conjoints.»

(aub/ats/afp)

Compte Twitter «apparemment piraté»

La Première dame française, Valérie Trierweiler, a affirmé à l'AFP que son compte Twitter avait été «apparemment piraté» mercredi, alors qu'un nouveau tweet est apparu sous son compte sur le réseau social, après celui retentissant de mardi.

Ce tweet publié à 15H49 GMT sur le compte de la compagne du président François Hollande - @valtrier - ne comporte qu'un lien renvoyant à l'extrait d'un article du site d'information Rue89. Cet article affirme qu'elle aurait demandé en vain au quotidien le Monde le retrait de deux photos la montrant assistant à la prise de vue de la photo officielle du chef de l'Etat dans le parc de l'Elysée.

Questionnée par l'AFP, Valérie Trierweiler a affirmé ne pas avoir posté ce tweet, ajoutant qu'elle avait été «apparemment piratée». Elle a en outre précisé qu'elle n'avait «jamais demandé le retrait de photos».

Son chef de cabinet Patrice Biancone a assuré également à l'AFP que le compte de la Première dame avait été «piraté» et qu'il allait en avertir «les services» de la présidence.

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