Présidentielle française : Hollande dégainera le premier

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Présidentielle française Hollande dégainera le premier

Le candidat socialiste a été désigné mardi par tirage au sort pour débuter le débat télévisé qui l'opposera à Nicolas Sarkozy mercredi soir.

Après la bataille des rassemblements du 1er mai, François Hollande et Nicolas Sarkozy confrontent mercredi leurs visions de la France lors du grand débat de la campagne. Par tirage au sort, le candidat PS a été désigné pour ouvrir le bal des prises de parole à 21h00.

Les équipes de campagne des deux candidats se sont mises d'accord pour que le débat télévisé, animé par les journalistes Laurence Ferrari (TF1) et Davis Pujadas (France 2), ne dépasse pas deux heures et demie, a-t-on appris de l'entourage du président.

Ils se sont également accordés sur la température du studio de la Plaine-Saint-Denis, près de Paris, où aura lieu ce face-à-face à trois jours du scrutin (19 à 20 degrés) et ont décidé de changer les sièges afin qu'ils soient réglables en hauteur, a-t-on précisé de même source.

Rendez-vous «rugueux»

Le candidat socialiste s'attend à un rendez-vous «rugueux», qu'il envisage avec «confiance». «Ce n'est pas un match de boxe, de lutte, je ne suis pas dans ce type de comportement», a déclaré François Hollande devant des journalistes mardi à Nevers.

Tout comme son rival, le président élu en 2007 souhaite un débat «pour les Français», mais prévient: «Il va falloir que François Hollande fasse ce qu'il déteste: être franc». Les précédentes confrontations entre Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient donné lieu à quelques échanges musclés.

Selon l'équipe de Nicolas Sarkozy, celui-ci préparera chez lui, mercredi, ce débat qui apparaît comme sa dernière chance de faire basculer en sa faveur les indécis, les sondages donnant vainqueur François Hollande le 6 mai.

François Hollande pourrait quant à lui mettre à contribution son directeur de la communication, Manuel Valls, pour répéter le débat. «Petit, nerveux, très droitier, il est très bien dans le rôle» de Nicolas Sarkozy, s'amuse un fin connaisseur des couloirs de Solférino.

Soucis prioritaires

Officiellement, les deux co-organisateurs, TF1 et France 2, veulent dérouler un conducteur qui parte des soucis prioritaires des Français (le pouvoir d'achat et l'emploi) jusqu'à la politique étrangère et l'Afghanistan, en passant par la dette, les questions de société (immigration) et le style de présidence que les deux hommes veulent incarner.

Des risques d'orages menaceront en permanence ces prévisions, comme les affaires impliquant Dominique Strauss-Kahn, les soupçons de financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 ou les accusations portées par le chef de l'Etat contre le site d'information Mediapart.

Le débat sera diffusé simultanément sur BFM-TV, iTélé et LCI et France24 ainsi que par RTL, RMC, Europe 1, France Inter, France Info et RFI. (ats)

Sarkozy pourrait être poursuivi

L'association Sos Soutien ô Sans Papiers a annoncé mardi son intention de porter plainte contre le candidat Nicolas Sarkozy pour «provocation à la haine raciale». Cette annonce fait suite aux propos tenus par le président-candidat mardi sur RMC et BFM TV.

À la question «Y a-t-il trop d'immigrés en France?», il avait répondu «oui». «Notre système d'intégration ne fonctionne pas, ayant accueilli trop de monde. Nous avons paralysé notre système d'intégration», avait-il dit. Rodolphe Nettier, président de l'association de défense des sans papiers, estime que «l'irresponsabilité pénale du chef de l'état est presque totale». «Cependant, les propos tenus ce matin (...) ne l'ont pas été en tant que président, mais en tant que candidat et peuvent donc faire l'objet de poursuites un mois après la cessation de ses fonctions». Les militants associatifs estiment que ces propos s'inscrivent «dans la tradition de l'extrême droite qui, partout en Europe, depuis le XXe siècle, fait de l'étranger l'éternel bouc émissaire de toutes les crises».

Sos Soutien ô Sans Papiers est à l'origine d'autres plaintes, notamment au pénal, contre le ministre de l'Intérieur Claude Guéant et son prédécesseur Brice Hortefeux pour des qualifications similaires.

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