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Présidentielle françaiseHollande doit donner la priorité à l'emploi

Donner la priorité à l'emploi doit être l'objectif majeur du nouveau président français François Hollande, a affirmé lundi à Genève le Bureau international du travail (BIT). La France doit sortir du «piège de l'austérité».

Pour Raymond Torres, principal auteur du rapport du BIT sur «le travail dans le monde», «ce qui compte maintenant, c'est de favoriser une croissance riche en emplois, de garantir un financement plus progressif de la protection sociale afin qu'il pèse moins sur les bas salaires et d'adopter un programme spécial pour s'attaquer au chômage des jeunes».

Selon les dernières statistiques du chômage, fondées sur les normes du BIT, la France compte plus de 2,6 millions de personnes sans emploi. Environ 22% des jeunes Français (âgés de 15 à 25 ans) sont au chômage.

Selon M. Torres, directeur de l'Institut international d'études sociales du BIT, la France a les moyens de résoudre la crise de l'emploi tout en respectant ses objectifs budgétaires. La situation de la France en matière financière et de compétitivité est meilleure que certains de ses voisins, a-t-il souligné.

Politiques contre-productives

«La première étape consiste à sortir du piège de l'austérité qui a caractérisé les politiques dans plusieurs pays européens au cours des deux dernières années», a affirmé Raymond Torres. Le Rapport sur le travail dans le monde, publié la semaine dernière, montre que ces politiques ont été contre-productives parce qu'elles ont affaibli la croissance et l'emploi tout en rendant de plus en plus difficile le respect des objectifs budgétaires.

Les pays membres de l'UE ne doivent pas s'aventurer sur la voie de la dérégulation du marché du travail, a expliqué Raymond Torres. «Dans le contexte actuel de crise, la dérégulation ne fera qu'accroître les pertes en matière d'emploi sans en créer de nouveaux», a-t-il dit.

Crédits aux PME

«La deuxième étape consiste à s'engager dans une stratégie de croissance et d'emploi», a affirmé M. Torres, ajoutant que «pour parvenir à ce but, il est indispensable de restaurer l'offre de crédit pour les petites entreprises qui sont les principales pourvoyeuses d'emplois nouveaux».

«L'un des outils permettant de relancer le crédit est de renforcer les garanties des banques qui prêtent aux petites entreprises, comme en Allemagne», a-t-il précisé.

«Une autre option consiste à créer une nouvelle institution de crédit qui aura pour vocation d'accroître les investissements dans l'économie réelle, surtout dans les secteurs industriels et les services où le pays dispose d'un avantage comparatif», a suggéré M. Torres.

«En adoptant un plan d'assainissement des finances publiques socialement responsable et en le complétant par une stratégie de croissance et d'emploi, et par une fiscalité plus progressive, il sera possible de réduire simultanément les déficits budgétaires et d'emploi. Un accord avec les autres dirigeants politiques de l'UE sur ces politiques semble désormais davantage à portée de main», a estimé le responsable du BIT.

L'UMP trouvera un nouveau chef

Nicolas Sarkozy a de nouveau exhorté la «famille» UMP à rester unie et à «jouer à fond» les élections législatives. Lors d'une réunion lundi avec son comité de campagne, le président français sortant a appelé ses troupes à se trouver un «nouveau chef», ont rapporté des participants.

Au lendemain de sa défaite à l'élection présidentielle, M. Sarkozy a réuni pendant une quarantaine de minutes à l'Elysée les principaux dirigeants de l'UMP et des formations alliées. parmi eux, Jean-Louis Borloo (Parti radical), Hervé Morin (Nouveau Centre), Jean-Marie Bockel (Gauche moderne), Christine Boutin (chrétiens démocrates) et Frédéric Nihous (Chasse, pêche, nature et tradition).

Le chef du gouvernement François Fillon et le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé étaient également présents. Selon un participant, Nicolas Sarkozy a «refait le film de la campagne, remercié tout le monde, dit quel était son état d'esprit», évoqué les prochaines échéances - la passation de pouvoir du 15 mai, les législatives de juin ...- et son avenir.

Repos en famille

Nicolas Sarkozy a confirmé son intention de prendre du recul et de redevenir «un militant parmi les militants». Mais il a assuré qu'il serait «toujours là» et que ses amis politiques pourraient «compter sur lui», a rapporté un des invités.

Il ne jouera cependant aucun rôle dans la campagne législative et évoquera sa reconversion professionnelle à la rentrée prochaine. «Après le 15 mai, il se retrouvera en famille pour se reposer et prendra à la rentrée des décisions personnelles», a précisé un participant.

Nicolas Sarkozy a reçu en fin de matinée le président ivoirien Alassane Ouattara, un de ses derniers actes de chef de l'Etat. Il présidera mardi à Paris les cérémonies de commémoration de la capitulation de l'Allemagne nazie, auxquelles participera aussi, à son invitation, François Hollande. Enfin, il présidera mercredi son dernier conseil des ministres. (ats/afp)

Le CNT libyen rend hommage à Nicolas Sarkozy et félicite François Hollande

Le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir en Libye, a rendu hommage lundi au rôle de la France de Nicolas Sarkozy dans la révolution libyenne et a félicité en même temps le nouveau président François Hollande.

«Au moment où nous louons le rôle de la France représentée en la personne de Nicolas Sarkozy, dans son soutien moral et matériel à la révolution libyenne (...), nous présentons nos chaleureuses félicitations au président élu François Hollande», a indiqué à l'AFP le porte-parole du CNT, Mohamed Harizi lisant un communiqué.

La France a été le fer de lance de l'opération menée par l'Alliance atlantique pour protéger les civils libyens de la répression de Mouammar Kadhafi qui a été tué en octobre dernier après plus de 42 ans de pouvoir. Nicolas Sarkozy avait été par ailleurs parmi les premiers dirigeants occidentaux à dérouler en 2007 le tapis rouge au dictateur Mouammar Kadhafi qui avait fait miroiter des contrats à plusieurs milliards de dollars.

Des accusations sur un financement libyen de la campagne de M. Sarkozy en 2007, lancées en 2011 par le fils du colonel Kadhafi, Seïf Al-Islam, ont par ailleurs ressurgi au cours de sa campagne 2012.

L'élection de Hollande fait bouger les lignes politiques en Europe

L'arrivée au pouvoir de François Hollande amorce un début de rééquilibrage en faveur de la gauche en Europe et de la priorité donnée à la croissance face à l'Allemagne d'Angela Merkel, qui entend toutefois veiller au grain sur la discipline budgétaire.

Après les défaites de Gordon Brown en Grande-Bretagne, de José Luis Zapatero en Espagne, de José Socrates au Portugal et l'éviction de Georges Papandréou en Grèce, dont le parti a été étrillé dimanche lors des élections législatives, la victoire de François Hollande met un peu de baume au coeur de la gauche européenne. Sur les vingt-sept pays du bloc, tout juste une dizaine comptent des socialistes au pouvoir. Et parfois seulement en coalition.

Les responsables socialistes en Europe n'ont pas perdu de temps, sitôt le résultat de l'élection présidentielle française connue, pour appeler à un changement de cap dans la politique économique du continent, tel le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, qui a demandé «une stratégie ambitieuse de relance».

Le président élu français peut se targuer d'une première victoire: la question de la croissance, occultée jusqu'alors par les programmes de rigueur budgétaire imposés par la crise de la dette, s'est imposée au centre du débat.

Une initiative européenne en ce sens, déjà dans les tuyaux et financée par des fonds de l'UE, est en préparation en vue d'un sommet européen fin juin. La campagne de Hollande a permis de débloquer les dossiers en suspens et l'Allemagne y est prête.

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