Actualisé 07.04.2012 à 13:56

Présidentielle française

Hollande parle parité en banlieue

Le candidat socialiste François Hollande cible les quartiers populaires en vue du premier tour de la présidentielle française.

Le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande effectue ce samedi un déplacement dans plusieurs villes de la banlieue parisienne pour évoquer ses propositions pour les quartiers populaires, mais aussi pour l'égalité hommes/femmes.

Après une étape à Trappes (Yvelines), le député de Corrèze est arrivé aux Ulis (Essonne). Il a été accueilli par quelques jeunes militants qui scandaient «François président», un slogan repris par des passants du centre commercial en plein air qu'il traversait. Le candidat à l'Elysée s'est ensuite rendu dans une halte-garderie, où flottait un drapeau du PS, pour une rencontre avec des femmes.

Egalité salariale

Là, il a réaffirmé ses engagements en faveur de l'égalité salariale hommes/femmes. Les grandes entreprises auront un an pour respecter cette règle. Faute de quoi, passé ce délai, elles perdront «toutes les exonérations de cotisations sociales» dont elles bénéficiaient, a averti François Hollande.

Il a promis, s'il est élu à l'Elysée, de nommer un «gouvernement composé d'autant de femmes que d'hommes», un gouvernement dans lequel sera rétabli un ministère des Droits des femmes. Il a souligné que les femmes ne devaient pas être cantonnées aux «ministères sociaux», n'excluant pas de nommer une femme au ministère des Finances.

Parité politique

Il a haussé le ton sur la parité politique. «Les partis qui ne présentent pas autant de femmes que d'hommes aux élections législatives ne toucheront plus un seul centime d'euro de dotation de l'Etat», a-t-il menacé.

Pour les gardes d'enfants en bas âge, le candidat socialiste à l'Elysée a proposé un contrat entre l'Etat et les collectivités locales afin de fournir davantage de places, que ce soit en crèches ou chez des assistantes maternelles. Il n'a pas chiffré ses objectifs, indiquant seulement qu'ils devaient être «élevés». Il a suggéré que la priorité pour l'accès à ces places de garde soit donnée aux mères qui élèvent seules leur(s) enfant(s). Il a par ailleurs souhaité que l'accueil en maternelle avant trois ans devienne plus fréquent.

Rentrée scolaire et IVG

François Hollande a enfin rappelé qu'il comptait revaloriser de 25% l'allocation de rentrée scolaire (ARS) dès 2012.

Interrogé sur les grossesses non désirées, il a expliqué qu'il proposait un «forfait mineure contraception» qui donnerait à toute mineure la possibilité d'être suivie par un médecin gratuitement et anonymement. Il a répété qu'il voulait garantir le «droit à l'IVG partout», alors qu'a diminué ces dernières années le nombre de centres où se pratiquent les interruptions volontaires de grossesse.

Après cette étape aux Ulis, François Hollande devait se rendre à Clichy-sous-Bois, ville de Seine-Saint-Denis où avaient éclaté les émeutes de 2005, après le décès de deux jeunes qui s'étaient réfugiés dans un transformateur électrique pour échapper à la police.

Dans l'après-midi, il se rendra à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), avant de donner un meeting dans la soirée à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). (ap)

Les Allemands doivent se faire à l'idée de Hollande président

Les Allemands devraient se faire à l'idée que «François Hollande sera le prochain président» français, a déclaré dans un entretien samedi le cacique social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, selon qui cela n'entamera en rien la «coopération étroite» entre Paris et Berlin.

«Ce serait bien que tous en Allemagne se fassent à l'idée que François Hollande sera le prochain président» de la France, a déclaré M. Steinmeier, chef de file des députés sociaux-démocrates au Bundestag (chambre basse du parlement), dans les colonnes du quotidien Die Welt.

«Je l'ai rencontré à plusieurs reprises ces derniers temps», a dit M. Steinmeier à propos de M. Hollande. «Il sait qu'un chef d'Etat français n'a pas la responsabilité pour son seul pays», a-t-il ajouté, pour apaiser les craintes de certains en Allemagne que le candidat socialiste, une fois aux manettes, ne veuille remettre à plat les mécanismes de prévention de crise mis sur pied ces derniers mois en zone euro.

«Une coopération étroite entre la France et l'Allemagne voisines sera à l'avenir aussi la clé (pour résoudre) les questions européennes», a prédit M. Steinmeier, dont le parti SPD soutient ouvertement M. Hollande, tout comme la chancelière Angela Merkel appuie le président sortant Nicolas Sarkozy.

M. Steinmeier a assuré que le Parti Socialiste français et le SPD allemand partageaient les mêmes craintes et revendications à propos du pacte budgétaire, qui doit engager 25 des 27 pays de l'Union européenne à plus de discipline budgétaire. L'opposition allemande comme le PS déplorent l'accent exclusif mis sur la rigueur, au détriment de la croissance et l'emploi.

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