France: Hollande se sent à «deux doigts d'être aimé!»
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FranceHollande se sent à «deux doigts d'être aimé!»

Le président de la République a livré ses confidences au «Nouvel Obs» alors qu'il s'apprête à passer la main.

par
cga
François Hollande lors d'un déplacement à Alencon,jeudi. / AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

François Hollande lors d'un déplacement à Alencon,jeudi. / AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

AFP/Charly Triballeau

Dans quelques jours, François Hollande ne sera plus président de la République et devra quitter l'Elysée. Dans le «Nouvel Obs», jeudi, celui qui a succédé à Nicolas Sarkozy se livre sans tabous sur son ressenti.

«Privation de vie personnelle et de liberté»

Le socialiste dit n'éprouver «aucune mélancolie» à l'idée de quitter le palais de l'Elysée, dont il rappelle n'être que «le locataire provisoire». «Cinq ans de plus, cela aurait été encore cinq années d'intranquillité permanente, de privation de vie personnelle et de liberté, poursuit-il. Etre ici, c'est un don total de soi, un sacerdoce. Pour des raisons de sécurité, renforcée après les attentats, je vis jour et nuit à l'Elysée. Et l'Elysée ne peut pas être un chez-soi.»

Interrogé sur d'éventuels regrets lors de son quinquennat, François Hollande ne relève que deux choses: «A l'exception de ma vie privée et de la fâcheuse histoire Cahuzac, que j'aurais préférée éviter, je n'ai rien à retrancher». Et le président français de se féliciter de partir sans que son honnêteté «ait été prise en défaut». «Et sans m'être enrichi, ajoute-t-il. En ayant toujours veillé à ne rien montrer de mes fêlures, de mes blessures. Question de pudeur.»

«La mort, la mort, tout le temps la mort»

L'une des marques de sa présidence aura été son impopularité, dont il reconnaît volontiers qu'elle l'a atteint sans que cela ne l'ait empêché de gouverner: «Je reconnais que j'ai été un président impopulaire. (...) Je n'ai pas senti de grande hostilité contre moi, sauf à la période du mariage pour tous. Aujourd'hui, je suis à deux doigts d'être aimé!». François Hollande explique aussi avoir été particulièrement marqué par la violence de son quinquennat, émaillé de nombreux attentats terroristes. Ce qu'il en retient? «La mort, la mort, la mort, tout le temps la mort. Celle des innocents, des policiers, des militaires. La mort sans cesse répétée».

En ce qui concerne l'avenir, le président français se sert de Nicolas Sarkozy comme d'un parfait contre-exemple. «Moi, contrairement à lui, je ne renonce à rien (ndlr: Sarkozy a annoncé par deux fois son retrait de la vie politique). Ce n'est pas la fin de ma vie, c'est le début d'une nouvelle...» Il dit, par contre, ne pas savoir de quoi son avenir sera fait: «Exercer une activité privée, une charge politique locale ou une responsabilité à l'échelon européen.» Enfin, afin de réhabiliter son mandat aux yeux des Français, il annonce avoir envie d'écrire un livre: «Je me dois d'expliquer, dans un livre direct, ce que je n'ai sans doute pas assez expliqué.»

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