Premier album: HollySiz: «Yodelice est mon parrain»
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Premier albumHollySiz: «Yodelice est mon parrain»

La chanteuse française est comme sa galette «My Name Is»: pétillante et joyeuse. Plus encore depuis sa nomination aux Victoires de la musique.

par
Fabien Eckert
La Française de 31 ans met la priorité sur la musique.

La Française de 31 ans met la priorité sur la musique.

A l'inverse de son visage, son nom ne vous dit rien. Avant d'être chanteuse, Cécile Cassel, son nom, est actrice. La demi-soeur de Vincent et fille de Jean-Pierre veut faire passer la musique avant tout. Voici pourquoi.

HollySiz, pourquoi avoir lâché le cinéma pour la musique?

Qui vous dit que je l'ai lâché (rires)? Plus sérieusement, quand on veut bien faire les choses, on ne peut pas tout faire en même temps. Quand ça s'est concrétisé pour la musique, j'ai mis ma carrière d'actrice entre parenthèses.

Comment s'est passé votre passage des plateaux au studio?

Je chante depuis toute petite. Il n'y a donc pas eu de cassure. Même sur les plateaux de cinéma, j'ai toujours eu mon ordi à proximité pour créer de la musique.

Être actrice vous a-t-il aidé à vous exprimer en tant que musicienne?

Oui, dans certain un sens. J'ai simplement changé de vecteur. La seule différence: au cinéma je racontais les histoires des autres. Sur mon album, j'ai écrit ma propre histoire. Je suis passée d'employée à chef d'entreprise!

Vos textes sont autobiographiques pour la plupart. Comment avez-vous vécu cette mise à nu?

Je ne me suis pas rendu compte tout de suite que c'était une mise à nu, surtout parce que les paroles sont en anglais. Porter un pseudonyme me permet non seulement de me cacher mais aussi de faire oublier l'actrice. Comme ça, les gens prennent ma musique sans aucun préjugé.

Yodelice a été le déclencheur de votre carrière musicale…

C'est vrai. La rencontre, en 2008, avec Maxim Nucci et Xavier Caux, les deux hommes derrière Yodelice, a été déterminante. Ils ont écouté mes maquettes et m'avaient entendu chanter un soir très tard autour d'un piano. Le lendemain, ils m'ont demandé si j'avais d'autres maquettes. J'ai fait un peu de musique avec eux en studio avant de faire leur première partie sur une trentaine de dates en 2010. On a co-composé mon album, «My Name Is» et ils l'ont produit à 90%. Ce sont mes parrains.

Vous avez donc pris six ans pour sortir votre premier album. Pourquoi avez-vous attendu aussi longtemps?

Parce que personne ne m'attendait dans la musique et que je voulais faire les choses bien. En tout cas, exactement comme j'en avais envie. Et puis, on ne devient pas chanteuse du jour au lendemain. C'est tout un apprentissage.

Le disque sonne assez vintage avec du disco, de la new wave ou du rock. Pourquoi?

Ce n'était pas ma volonté d'aller forcément dans cette direction. J'aime beaucoup la sonorité des claviers des années 1980. Raison pour laquelle on en entend beaucoup. J'ai quand même essayé de rester moderne. Par exemple, il n'y a pas de vraie batterie. Ce ne sont que des programmations électroniques. Il y a aussi une grosse influence hip-hop parce que c'est dans quoi j'ai grandi.

Même les mouvements de danse dans le clip «Come Back To Me» sont très vintage…

C'est un clin d'œil et un hommage à toutes les icônes de la danse qui m'ont fait rêver. De Jackson à Madonna en passant par Fred Astaire.

On vous sent aussi rockeuse un brin sauvage sur «OK» ou «Hangover»...

J'aime ça! D'ailleurs, toutes les dates de la tournée seront dans des clubs rock. Sur scène, l'album sonne beaucoup plus rock que le disque. Cette énergie me fait beaucoup de bien. Elle me permet de lâcher les chevaux et de me défouler.

Vous avez dit qu'à 20 ans vous auriez fait un mauvais album de r'n'b. Des regrets?

Non! Il faut savoir que, quand j'avais 15 ans, j'écoutais que du hip-hop. J'avais les cheveux courts et rouges et je portais des baggy. J'étais obsédée par cette culture. A cette époque, j'écrivais des textes de r'n'b en français. C'était vraiment de la merde! Heureusement qu'en découvrant notamment le rock en Angleterre j'ai changé de voie. De toute manière, à 20 ans, je n'avais pas assez de choses à raconter. Mais j'adore quand même le r'n'b. Il y a de très bonnes choses actuellement.

Quelle était la signification du «AAAAAAAAAAAHHHHHHH» posté sur Facebook après votre nomination aux Victoires de la musique?

Quand on est nominé, on est mis au courant avant mais on n'a pas le droit de le dire avant le jour J. Ce n'est quand même pas cool. On apprend cette bonne nouvelle et on n'a même pas le droit de se la péter tout de suite. C'était donc un cri de soulagement mais aussi un hurlement de béatitude. «My Name Is» est en plus nommé dans la catégorie Album révélation. Je suis en compétition avec deux autres groupes que j'aime beaucoup.

Ce serait quoi la plus belle consécration pour vous: un César ou une Victoire de la musique?

Une Victoire de la musique. Encore mieux si elle pouvait être décernée grâce aux votes du public. HollySiz c'est mon bébé, à la différence d'un film. Avec un film, je n'ai pas ce lien très personnel. Je garde quand même la porte ouverte au cinéma. Simplement pas tout de suite. J'ai une grosse tournée qui va débuter et je pense déjà au deuxième album.

Vous avez fait les premières parties de Yodelice, Julien Doré ou Brigitte. Qu'est ce que ça vous appris de jouer en ouverture?

Tout. Première chose, primordiale: j'ai appris à dépasser ma terreur de monter sur scène. Musicalement, j'ai pu tester des titres. Si ça fonctionnait, je les gardais pour le studio. Les premières parties, c'est aussi le meilleur enseignement du monde. Tu joues devant des gens qui ne sont pas là pour toi, qui ne te connaissent pas et qui sont en train de boire des coups. Si tu captes leur attention, c'est gagné. Si tu n'y parviens pas, la sanction est radicale. J'ai aussi eu quelques pépins, comme de me prendre mes cheveux dans les cordes de ma guitare, de me retrouver avec un micro hors service ou avoir des sons qui ne partent pas au bon moment. En bref, j'ai appris mon métier.

Comment abordez-vous votre tournée qui commence en France le 6 février 2014?

J'ai hâte. Je me suis mise au jogging pour avoir plus de souffle. En fait, je prépare ma tournée avec la même rigueur que si je faisais les Jeux Olympiques. J'ai surtout hâte de voir qui seront les gens qui viendront me voir. Ce serait canon d'avoir des hordes de metalleux mais je m'attends plutôt à un public assez féminin. Des filles comme moi. Elles viendront je l'espère avec leur chéri.

HollySiz «My Name Is»: Déjà dans les bacs.

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