Actualisé 26.10.2009 à 12:32

Russie

Hommage aux 130 morts de la prise d'otages

Quelque 400 personnes se sont réunies lundi devant le théâtre de la Doubrovka à Moscou, pleurant les morts de la prise d'otages dans laquelle 130 personnes avaient péri il y a sept ans dans des circonstances toujours controversées.

Des hommes et femmes de tous âges, fleurs à la main, se sont recueillis devant les marches du théâtre où 850 personnes, la plupart venues voir le spectacle musical «Nord-Ost», s'étaient retrouvées piégées aux mains d'un commando tchétchène pendant trois jours du 23 au 26 octobre 2002.

«Regardez-nous dans les yeux et expliquez-nous ce qui s'est passé», a lancé une femme qui s'exprimait dans un micro devant la foule. «Pourquoi avons-nous perdu tant de gens?», a-t-elle interrogé.

Assaut des forces de l'ordre

La prise d'otages s'était achevée par un assaut des forces de l'ordre qui avaient utilisé un gaz controversé, afin de neutraliser les ravisseurs, qui réclamaient le retrait des troupes russes de Tchétchénie.

Après la lecture des noms et âges des 130 victimes -- dont la plupart avaient entre 20 et 40 ans -- une minute de silence a été observée, suivie d'un lâcher de ballons blancs accompagné du son de petites clochettes agitées par la plupart des participants.

Une dame venue déposer des fleurs roses au pied d'un mur du théâtre où sont alignées les photos des victimes peine à contenir ses larmes: «Ma soeur y était, je crois qu'elle est morte du gaz, elle avait 53 ans», dit Tatiana Mitrofanova, 69 ans.

Dans la foule, un homme s'en prend aux «responsables» du dénouement tragique, «la ville de Moscou et le gouvernement de la Russie».

«Il n'aurait pas dû y avoir de victimes mais ils (les autorités) avaient besoin de coupables tchétchènes», estime Nikolaï Dmitrievitch, 74 ans, une chrysanthème jaune à la main.

Encore aucune compensation

Sept ans après le drame, environ 80% des familles de victimes n'ont toujours pas reçu les compensations promises par les autorités, a indiqué l'un de leurs avocats, Igor Trounov, cité par l'agence Interfax.

La majorité d'entre elles ont saisi les tribunaux avec peu de succès: «sur 82 plaintes, nous avons gagné dans 42 cas, mais les sommes obtenues sont très minimes», a-t-il ajouté. (afp)

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