Actualisé 14.03.2009 à 08:37

Fusillade en AllemagneHommage aux 15 victimes tuées

Plus de mille personnes ont rendu hommage vendredi soir aux 15 victimes tuées mercredi par un jeune de 17 ans, dont 12 dans un collège-lycée technique de Winnenden.

Un service oecuménique était célébré à Winnenden, d'où le tueur, rebaptisé «l'Amok» par la presse allemande, était également originaire. L'aide psychologique mise en place au collège-lycée Albertville (du nom de la ville française jumelée avec Winnenden, NDLR) devrait être maintenue pendant au moins six mois.

A Stuttgart, capitale du Land de Bade-Wurtemberg, la Schlossplatz a accueilli des centaines d'élèves, venus allumer des bougies en mémoire des victimes.

Une histoire a particulièrement ému la presse: celle de l'un des tout premiers policiers qui sont intervenus trois minutes après le début de la tuerie. L'homme a perdu sa femme, l'une des trois enseignantes abattues par Tim Kretschmer. Elle a semble-t-il tenté de s'interposer, selon le «Spiegel Online». Le jeune couple s'était marié deux mois auparavant et la cérémonie religieuse était prévue en mai.

Les médias allemands continuaient vendredi d'organiser des émissions spéciales deux jours après la fusillade.

Des auteurs et des chanteurs allemands, comme Hubertus Knabe, Ines Geipel, Gerhard Schöne et Stephan Krawczyk, ont appelé vendredi à un boycott des établissements scolaires, tant que l'Etat allemand n'y aura pas interdit l'entraînement au tir.

Vendredi, des syndicats de policiers ont plaidé pour l'établissement d'un registre national des détenteurs d'armes à feu. Le gouvernement allemand a rejeté dans la journée l'idée d'un renforcement du contrôle des jeux vidéos accessibles aux jeunes, contrairement à ce que demandaient certains responsables politiques régionaux.

En Allemagne, depuis un an, après une fusillade précédente, chaque Land a mis en place des plans d'urgence dans ses établissements scolaires, que seuls les enseignants connaissent. Pour autant, ce ne sont que des aides d'urgence, pas des mesures de prévention, a mis en garde Martina Schmerr, conseillère du GEW (Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft), le syndicat majoritaire enseignants.

Il est important qu'il y ait plus de psychologues et d'assistants d'éducation dans les écoles: «Ils n'empêchent pas les 'Amok' mais ils seraient un soutien important», a expliqué Martina Schmerr. Car, précise-t-elle, les professeurs ont souvent trop peu de temps, en plus des cours qu'ils dispensent, pour s'occuper des conflits sociaux et ne sont pas assez formés pour faire face à ces problématiques.

Par ailleurs, les événements de mercredi ont fait réfléchir de nombreux jeunes dans toute l'Allemagne. La police allemande reçoit beaucoup d'alertes, certaines sans fondement, d'autres permettent de retrouver du matériel lourd.

Dans le but de décourager d'éventuels passages à l'acte, un jeune homme de 16 ans a été condamné vendredi, soit seulement deux jours après son arrestation, par un tribunal de Remscheid (Rhénanie du Nord-Wesphalie) à 10 jours de détention provisoire. Mercredi, après que sa professeur l'a réprimandé, il avait annoncé vouloir revenir dans l'école avec un lance-roquette anti-chars et «se battre contre tous». Il risque deux à trois ans d'emprisonnement. (ap)

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