France - Israël: Hommage aux victimes de Merah
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France - IsraëlHommage aux victimes de Merah

Le président français et le premier ministre israélien ont rendu hommage aux personnes tuées par l'extrémiste Mohamed Merah.

François Hollande a affirmé jeudi que la France était déterminée à «combattre sans relâche l'antisémitisme» lors de la cérémonie d'hommage aux victimes de Mohamed Merah à Toulouse. Egalement présent, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la «détermination» du chef d'Etat français.

«Les Juifs de France doivent savoir que la République met tout en oeuvre pour les protéger. La garantie de leur sécurité est une cause nationale. Elle n'est pas l'affaire des juifs mais celle des Français dans leur ensemble», a déclaré le président français à l'école juive où un enseignant et trois enfants ont été tués.

Benjamin Netanyahu a salué la «détermination» de François Hollande à lutter contre l'antisémitisme. «Mon ami François Hollande parle et agit avec détermination», a déclaré M. Netanyahu.

«Vous avez dit hier que ceux qui s'en prennent aux Juifs s'en prennent à la France tout entière. C'est exactement ce que démontre l'histoire», a ajouté M. Netanyahu, au deuxième jour de sa visite en France. «La haine barbare de ces assassins ne menace pas seulement les juifs mais la civilsiation tout entière», a poursuivi le premier ministre israélien.

Des «failles» dans le renseignement

Lors des obsèques à Jerusalem des quatre victimes juives de Merah, M. Netanyahu avait promis de rendre visite à la communauté toulousaine. Avec près de 20'000 membres, dont de nombreux sépharades d'Afrique du Nord, elle constitue la quatrième communauté de France.

Le début de la cérémonie a été marquée par la prise de parole du chef de l'établissement scolaire Ohr Torah Yaacov Monsonego, très ému, qui s'est souvenu d'un «acte monstrueux de haine qui a pulvérisé (son) univers». Sa fille de sept ans a été froidement abattue par Mohamed Merah.

François Hollande a une nouvelle fois promis que toute la lumière serait faite sur l'affaire Merah. Des témoignages cités dans la presse relancent les interrogations sur l'attitude des services de renseignements intérieurs (DCRI). M. Hollande a reconnu que le drame avait «révélé certaines failles dans l'organisation de notre renseignement.»

«Libération» et «Le Parisien-Aujourd'hui en France» font état de dépositions devant le juge d'instruction chargé de l'affaire. Elles montrent que la dangerosité de Mohamed Merah, qui s'était rendu ces dernières années en Afghanistan et au Pakistan, ne semble pas avoir été perçue par la hiérarchie de la DCRI.

Enquête judiciaire refusée

Ces informations ont amené des avocats des familles des victimes à réclamer une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire.

Selon «Libération» et «Le Parisien», les agents toulousains chargés du suivi de Mohamed Merah, le patron local de la DCRI et un brigadier du nom d'Hassan, avaient demandé sans succès en juin 2011 à leur supérieurs parisiens l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre.

Selon ces procès-verbaux, Mohamed Merah était surveillé depuis début 2011 après un séjour en Afghanistan. Cinq mois plus tard, de retour d'un séjour au Pakistan, Mohamed Merah sera entendu par des policiers de la DCRI venus de Paris. Ils déclarent alors n'avoir pu établir aucun lien avec un réseau djihadiste, avec pour conséquence un arrêt de sa surveillance.

Ces policiers sont allés jusqu'à demander à la DCRI de Toulouse une évaluation de Mohamed Merah en vue d'un éventuel recrutement comme indicateur.

(ats/afp)

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