Hommage national: La Belgique commémore les victimes des attentats de 2016
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Hommage nationalLa Belgique commémore les victimes des attentats de 2016

Il y a cinq ans jour pour jour, les attentats djihadistes de Bruxelles faisaient 32 morts. Aujourd’hui, la Belgique leur rend hommage sur les lieux où les attaques ont été perpétrées.

Le roi des Belges Philippe et la reine Mathilde se sont rendus à la station de métro Maelbeek pour rendre hommage aux victimes de l’attentat.

Le roi des Belges Philippe et la reine Mathilde se sont rendus à la station de métro Maelbeek pour rendre hommage aux victimes de l’attentat.

AFP

«Aline, Patricia, Léopold, Gilles, Johanna, Loubna…». Un hommage national a été rendu lundi aux 32 morts des attentats djihadistes du 22 mars 2016 à Bruxelles, lors de cérémonies en petit comité organisées sur les lieux des attaques, à l’aéroport de Zaventem et dans une station de métro du quartier européen.

Peu après 09h00 (08h00 GMT), le roi des Belges Philippe et la reine Mathilde, tous deux en manteau noir, se sont recueillis devant une fresque à la mémoire des victimes à la station Maelbeek (16 morts) après avoir assisté à la lecture de leurs prénoms.

Accompagnés du Premier ministre Alexander De Croo et de son épouse, ils ont pu s’entretenir avec quelques proches de victimes, selon des images retransmises en direct. Une minute de silence a été observée, comme à l’aéroport lors d’un hommage similaire une heure plus tôt, pour les seize autres morts, au moment précis où les explosions se sont produites il y a cinq ans.

32 victimes et plus de 340 blessés

Ce matin-là une double attaque suicide, à l’aéroport international de Bruxelles puis dans une station de métro du quartier européen, fait 32 morts et plus de 340 blessés, des actes revendiqués par l’organisation État islamique (EI). Le petit pays de 11,5 millions d’habitants est touché en plein cœur comme l’a été la France quelques mois auparavant.

Quatre jours plus tôt, Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos ayant frappé Paris le 13 novembre 2015 (130 morts), a été arrêté à Bruxelles après quatre mois de cavale. D’après les enquêteurs, son interpellation a vraisemblablement accéléré le passage à l’acte des autres membres de cette cellule djihadiste repliés en Belgique, qui se sentaient traqués par la police.

L’hommage national, qui associe les associations de victimes Life4Brussels et V-Europe, est prévu en deux temps. Discours et témoignages de familles étaient attendus à 12h15 dans le quartier européen, là où a été érigé un monument dédié aux victimes d’actes terroristes. Cet anniversaire intervient sur fond de critiques en raison des lenteurs de l’administration et des assurances pour prendre en charge les préjudices des attaques.

Critiques et lenteurs de l’administration

«Il m’a fallu près de 5 ans pour obtenir une indemnisation pour la perte de mon conjoint. Mon fils ne l’a toujours pas reçue», raconte à l’AFP Charlotte Dixon-Sutcliffe, dont le mari, un expatrié britannique à Bruxelles, compte parmi les seize morts du métro Maelbeek.

«Il m’a fallu près de 5 ans pour obtenir une indemnisation pour la perte de mon conjoint. Mon fils ne l’a toujours pas reçue.»

Charlotte Dixon-Sutcliffe, dont le mari compte parmi les seize victimes du métro Maelbeek.

De son côté, Life4Brussels a déploré l’abandon par le gouvernement belge d’un projet de «fonds de garantie», sur le modèle français, qui aurait permis aux victimes de percevoir une aide forfaitaire de l’État, charge ensuite à ce dernier de se tourner vers les assureurs pour récupérer l’argent.

En Belgique, les dossiers sont traités au cas par cas, «on laisse les victimes s’adresser elles-mêmes à une multitude d’organismes publics ou privés», regrette l’association, «l’État n’a pas compris que certaines se découragent et perdent leurs droits».

Me Nic Reynaert, qui voyageait dans la rame ciblée par le kamikaze du métro, a assigné ce mois-ci en justice l’État et un assureur pour «erreurs et négligences». Il souffre de lésions neurologiques, selon lui mal diagnostiquées.

«On laisse les victimes s’adresser elles-mêmes à une multitude d’organismes publics ou privés. L’État n’a pas compris que certaines se découragent et perdent leurs droits.»

Life4Brussels

Dans sa plainte, l’avocat assure n’avoir «jamais» reçu les informations des experts médicaux sur toutes les séquelles possibles d’une explosion en milieu confiné. «Les symptômes physiques du SPT (syndrome post-traumatique) ont été rejetés comme étant purement psychologiques», écrit-il.

Maxi-procès

D’autres blessés ont témoigné de difficultés similaires pour faire reconnaître une incapacité de travail, qui dans certains cas a resurgi des mois après les attentats. Jamais en Belgique autant d’avocats n’ont été sollicités pour les mêmes faits. Dans la procédure judiciaire, sous l’autorité du parquet fédéral (compétent en matière de terrorisme), 720 parties civiles ont déjà été recensées, ce qui laisse entrevoir le plus grand procès de l’histoire du pays.

Début janvier, dix suspects ont été renvoyés en cour d’assises pour «assassinats commis dans un contexte terroriste». L’ordonnance doit encore être confirmée par la cour d’appel. Le procès pourrait se tenir à partir de septembre 2022 à Bruxelles.

Parmi les principaux accusés figurent, outre Salah Abdeslam, deux hommes qui accompagnaient les trois kamikazes morts le 22 mars. Il s’agit de Mohamed Abrini, «l’homme au chapeau», qui a renoncé à se faire exploser à l’aéroport, et Osama Krayem, qui, lui, a rebroussé chemin après être entré dans le métro.

(AFP)

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