Drame de Winnenden: Hommage officiel aux victimes du massacre
Actualisé

Drame de WinnendenHommage officiel aux victimes du massacre

Plusieurs milliers de personnes ont rendu hommage samedi aux quinze personnes massacrées par un adolescent le 11 mars dans une école à Winnenden dans le sud de l'Allemagne.

Le président Horst Köhler et la chancelière Angela Merkel étaient présents à l'office religieux.

Au moins 7500 personnes, selon la police, avaient fait le déplacement dans la petite ville endeuillée du Bade-Wurtemberg, tandis que le pays encore choqué pouvait suivre la cérémonie en direct à la télévision.

«Toute l'Allemagne est en deuil avec vous», a déclaré le président allemand Horst Köhler, devant 900 personnes réunies auprès des familles de victimes à l'église catholique Sankt-Karl-Borromäus.

«Chaque enfant naît innocent. Et quand un enfant meurt, c'est l'espoir et l'avenir qui meurent avec lui», a ajouté M. Köhler, en présence de la chancelière Angela Merkel.

Sur l'autel brûlaient de grosses bougies blanches, une pour chaque victime et chacune marquée d'un nom: Stefanie, Jana, Sabrina, Michael, Ibrahim, Jacqueline... A 10h45, les cloches ont sonné à l'unisson dans le Bade-Wurtemberg. Et les drapeaux étaient en berne bien au-delà de la région.

Bannir les jeux ultra-violents

Pour «tirer les leçons» du drame, le président a appelé à «enrayer» le développement des «innombrables films et jeux vidéos d'une violence extrême, avec leur exhibition de corps détruits». Au- delà de l'Etat, chacun doit savoir «dire non à ce qu'il considère comme mauvais», a-t-il insisté.

Le 11 mars, Tim Kretschmer, 17 ans, amateur de jeux vidéos violents, avait abattu dans son ancien collège neuf collégiens et trois enseignantes, puis trois passants, avant de se suicider. L'adolescent aurait dit avoir tué parce que ça «l'amusait», selon un témoin, Igor Wolf, pris un temps en otage.

Selon le magazine Focus, Tim Kretschmer aurait affirmé l'an dernier lors d'un entretien dans une clinique psychiatrique avoir «de la haine pour tout le monde».

Deuil collectif

Devant le collège Albertville endeuillé s'étalait samedi un vaste parterre de bouquets et de couronnes de fleurs, et des centaines de bougies.

Nombre d'élèves étaient présents à la cérémonie de commémoration, retransmise sur écrans géants dans toute la ville et dans la région. Les commerces de la ville, aux rideaux majoritairement baissés, s'alignaient des écriteaux indiquant «Nous sommes en deuil avec vous». Les victimes ont été enterrées dans l'intimité au cours des derniers jours.

Dix jours après la tuerie, les enquêteurs et les familles s'interrogent toujours sur la raison de cette tuerie, que nul n'a vue venir. Tim Kretschmer avait dérobé une arme de son père, un amateur de tir qui possédait légalement tout un arsenal à son domicile.

Le père a semble-t-il oublié de ranger son pistolet Beretta 9 mm sous clef dans une armoire, selon les enquêteurs. Visé par une enquête pour homicide involontaire, il a entretemps décidé de se séparer de ses armes.

Regrets de la famille

Son geste a été imité par d'autres détenteurs d'armes à feu dans la région: en une semaine, une vingtaine d'armes ont été apportées spontanément aux autorités par des tiers, selon les autorités.

Les parents et la soeur du tueur, «atterrés», ont présenté dans une lettre ouverte leurs regrets aux familles endeuillées.

Plusieurs de ces familles ont elles aussi écrit une lettre ouverte, publiée samedi, dans laquelle elles un renforcement de la loi sur les armes et l'interdiction des jeux vidéos ayant pour objectif de tuer.

Au collège Albertville, fermé depuis la tuerie, les cours reprendront lundi. (ats)

Ton opinion