Actualisé 24.03.2015 à 08:23

Chine

Hommes exécutés après le drame de Kunming

La Chine a exécuté mardi trois condamnés à mort pour une attaque à l'arme blanche ayant fait 31 morts l'an dernier dans le sud du pays.

Cette attaque a été imputée à des «séparatistes» de la région musulmane du Xinjiang.

Les trois hommes ont subi la peine capitale, ayant été reconnus coupables d'avoir «dirigé un groupe terroriste et commis des homicides volontaires», a annoncé la Cour populaire suprême dans un communiqué.

Les noms des condamnés exécutés -- Iskandar Ehet, Turgun Tohtunyaz et Hasayn Muhammad -- sont à consonance ouïghoure.

Le Xinjiang est une vaste région de l'Ouest notamment peuplée de Ouïghours, musulmans turcophones qui se disent victimes de discriminations.

«La Chine a recours à la peine de mort à des fins politiques, sans s'attaquer aux racines du problème», a dénoncé Dilxat Rashit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, une organisation exilée de défense des Ouïghours. «Les accusés n'ont pas eu droit à un procès digne de ce nom», a-t-il ajouté dans un courriel transmis à l'AFP.

«11 septembre chinois»

La tuerie, commise le 1er mars 2014 dans la gare de Kunming, capitale provinciale du Yunnan, avait également fait plus de 140 blessés, et été qualifiée de «11-Septembre chinois» par les médias officiels.

Nombre de Ouïghours se disent victimes de discriminations et exclus des bénéfices du développement dans la région, où s'intensifie l'afflux de populations Han -- l'ethnie fortement majoritaire en Chine -- venues du reste du pays.

Experts et groupes de défense des droits de l'Homme estiment que la politique répressive adoptée par Pékin à l'encontre de la culture et de la religion des Ouïghours alimente les tensions au Xinjiang. (afp)

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