Actualisé 29.02.2012 à 10:36

Syrie

Homs isolée et bombardée

L'armée syrienne a massé des chars autour de la ville assiégée de Homs, laissant craindre un assaut sur la «capitale de la révolution» où des journalistes occidentaux seraient toujours bloqués.

La journaliste Edith Bouvier serait toujours en Syrie, selon le Figaro.

La journaliste Edith Bouvier serait toujours en Syrie, selon le Figaro.

Des informations confuses et contradictoires circulent sur le sort de la journaliste française Edith Bouvier, grièvement blessée la semaine dernière à Homs, et qui serait toujours en Syrie, selon le Figaro. Son confrère, le photographe britannique Paul Conroy, blessé lui aussi, est arrivé mardi au Liban, après avoir été exfiltré par des militants de la ville bombardée depuis plus de trois semaines.

Le pilonnage de Homs se poursuivait mercredi, selon des militants. Le quartier de «Baba Amr est bombardé depuis ce matin d'une manière intermittente après une nuit calme», a indiqué à l'AFP le militant Hadi Abdallah, un membre de la Commission générale de la révolution syrienne. Il a indiqué en outre que «les forces du régime ont pu couper une route clandestine par laquelle parvenaient des provisions».

L'accès à la ville est désormais complètement coupé ont confirmé plusieurs chefs d'unités de l'Armée syrienne libre (ASL, déserteurs) postées autour de Homs. «Des obus sont tombés ce matin sur les quartiers de Khalidyé et al-Bayada et l'électricité est coupée dans la plupart des quartiers», ont affirmé les militants sur leur page Facebook «Syrian Revolution 2011».

Selon M. Abdallah, le régime syrien a envoyé à Homs mardi de nouveaux renforts de la 4e Brigade de l'armée régulière, une unité d'élite. «Ces renforts augmentent notre crainte que l'assaut final est proche», avait-il dit mardi à l'AFP par téléphone.

Dans la nuit de mardi de mardi à mercredi, des manifestations ont eu lieu à Damas en soutien aux villes syriennes assiégées, ont rapporté des militants.

Dans le pays, les violences ont fait au moins 48 morts mardi, dont 33 civils tués pour la plupart à Homs, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le bilan est «certainement beaucoup plus que 7500 morts»

Le bilan des victimes de la répression en Syrie est «certainement beaucoup plus que 7500 morts», a déclaré mardi Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, tout en reconnaissant que l'ONU ne pouvait «pas donner de chiffres précis».

La communauté internationale reste impuissante face aux exactions du régime du président Bachar al-Assad qui réprime dans le sang depuis un an la révolte populaire.

Le Conseil de sécurité de l'ONU est saisi d'un nouveau projet de résolution sur la Syrie, réclamant un cessez-le-feu humanitaire, selon le ministère français des Affaires étrangères. Les discussions à New York sur ce projet se sont ouvertes mardi.

A Genève, la délégation syrienne a quitté les débats au Conseil des droits de l'Homme et la fin des débat sur une résolution appelant à un accès «sans entrave» aux humanitaires a été reportée à jeudi.

A Pékin, le chef de la diplomatie chinoise s'est dit favorable à l'envoi d'aide humanitaire en Syrie, lors d'une discussion téléphonique avec le chef de la Ligue arabe ainsi qu'avec certains de ses homologues arabes, a rapporté mercredi la presse d'Etat.

Eidth Bouvier «toujours en Syrie»

Après avoir annoncé qu'Edith Bouvier était saine et sauve au Liban et s'être dit «très heureux que le cauchemar (de la journaliste) prenne fin», le président français Nicolas Sarkozy est revenu sur ses déclarations. «Il n'est pas confirmé qu'elle est aujourd'hui en sécurité au Liban», a déclaré mardi soir le chef de l'Etat, en évoquant une situation «imprécise» et «complexe».

Le Figaro a indiqué pour sa part en début de soirée qu'Edith Bouvier n'était «pas au Liban mais toujours en Syrie».

Edith Bouvier, 31 ans, et Paul Conroy, 47 ans, avaient été blessés lors du bombardement qui a coûté la vie à la journaliste du Sunday Times Marie Colvin et au photographe français Rémi Ochlik. Deux autres journalistes, le Français William Daniel et l'Espagnol Javier Espinosa, se trouvaient également à Homs.

Dans un message électronique à la presse étrangère, obtenu par l'AFP, la femme de Javier Espinosa a souligné mardi soir que les trois journalistes étrangers «sont toujours piégés à Baba Amr, à Homs».

(afp)

Pressions de l'UE sur la Russie et la Chine

L'Union européenne accentue ses pressions sur la Russie et la Chine afin d'obtenir un accès humanitaire en Syrie. «Il est important que ces deux pays prennent leurs responsabilités», a déclaré à Genève le ministre danois des Affaires étrangères, Villy Soevndal au nom de l'UE. Il a salué la «forte résolution» actuellement en cours de discussion qui condamne notamment les violations des droits de l'homme par les autorités syriennes et demande un accès humanitaire libre.

L'adoption par le Conseil des droits de l'homme du projet de résolution sur la Syrie a été reportée à jeudi, tous les orateurs n'ayant pas eu le temps de s'exprimer mardi lors du débat urgent.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!