Présidentielle – Honduras: la droite au pouvoir reconnaît sa défaite
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PrésidentielleHonduras: la droite au pouvoir reconnaît sa défaite

Alors que les résultats définitifs de la présidentielle au Honduras se font toujours attendre, le Parti national, à droite, a reconnu la victoire de la candidate de la gauche, Xiomara Castro.

Selon des résultats partiels portant sur 52,07% des bulletins, Xiomara Castro, 62 ans, du Parti Liberté et Refondation (Libre) obtient 53,49% des voix, loin devant le candidat du Parti national, Nasry Asfura (33,98%).

Selon des résultats partiels portant sur 52,07% des bulletins, Xiomara Castro, 62 ans, du Parti Liberté et Refondation (Libre) obtient 53,49% des voix, loin devant le candidat du Parti national, Nasry Asfura (33,98%).

AFP

La droite au pouvoir au Honduras a reconnu mardi sa défaite à l’élection présidentielle où la candidate de la gauche, Xiomara Castro, devance de 20 points son adversaire selon des résultats partiels portant sur plus de la moitié des suffrages.

«Nous souhaitons le succès à ceux qui ont gagné les élections», a déclaré le secrétaire du Comité central du Parti national (PN, droite), Kilvett Bertrand, sur la radio locale Radio América. Le PN continuera de «travailler avec force et depuis l’opposition pour prendre soin de la démocratie», a-t-il poursuivi. «Vous pouvez constater le climat de paix et de tranquillité qu’il y a dans le pays, même si le Parti national n’a pas été élu à la tête du gouvernement», a-t-il ajouté.

Selon des résultats partiels portant sur 52,07% des bulletins, Xiomara Castro, 62 ans, du Parti Liberté et Refondation (Libre) obtient 53,49% des voix, loin devant le candidat du Parti national, Nasry Asfura (33,98%). Ce dernier doit prendre la parole dans les heures qui viennent, selon Kilvett Bertrand. Au soir du vote, il s’était engagé à respecter le résultat du vote et avait demandé que ne coule «pas une goutte de sang».

Les Honduriens attendent toujours les résultats définitifs de l’élection à l’issue de laquelle Xiomara Castro deviendrait la toute première femme présidente du pays d’Amérique centrale. Depuis la clôture des bureaux de vote dimanche, le décompte des voix progresse lentement. Selon le Conseil national électoral (CNE), de nombreux procès-verbaux arrivés sous forme physique doivent être désormais traités informatiquement, alors qu’une première moitié est arrivée directement sous format numérique.

Dès dimanche soir, Xiomara Castro, épouse de l’ancien président Manuel Zelaya renversé en 2009 par un coup d’État, avait revendiqué la victoire. L’ancienne Première dame a promis de «former un gouvernement de réconciliation».

«Polarisation intense»

Dans ce pays d’Amérique centrale de 10 millions d’habitants, en proie à la violence et à la pauvreté, la participation s’est établie à un niveau «historique» dépassant les 60%, selon le CNE.

Mardi, dans une déclaration préliminaire, la mission d’observation de l’Union européenne a souligné que la «journée électorale avait été globalement calme et que la transmission des résultats s’est déroulée sans heurts jusqu’à présent». «En même temps, la période précédant les élections générales a été marquée par des niveaux sans précédent de violence politique et une polarisation intense», est-il écrit dans un communiqué.

«Au moins six maires, candidats et militants ont été assassinés dans les semaines précédant les élections», a déclaré mardi depuis Tegucigalpa la cheffe de la mission européenne, Zeljana Zovko, lors d’une conférence de presse.

La victoire annoncée de Xiomara Castro mettra fin à douze ans de règne du Parti national. Elle succédera au président Juan Orlando Hernandez, qui termine son second mandat sur fond de soupçons de trafic de drogue.

En 2013, Juan Orlando Hernandez avait battu d’une courte tête Xiomara Castro et était ensuite passé outre la Constitution pour se présenter à un second mandat en 2017. Sa douteuse réélection sur le fil face à la star de la télévision Salvador Nasralla avait provoqué de violentes manifestations.

Un pays meurtri

Xiomara Castro va devoir gouverner un pays meurtri par la violence des gangs, le trafic de drogue et les conséquences de deux ouragans dévastateurs qui ont ravagé en 2020 le pays où 59% de la population vit dans la pauvreté.

Chaque année, des dizaines de milliers de Honduriens tentent de rejoindre le million de leurs compatriotes ayant fui la violence et la misère, dans leur écrasante majorité aux États-Unis. Le chômage a presque doublé en un an en raison notamment de la pandémie de coronavirus, passant de 5,7% en 2019 à 10,9% en 2020. Avec un taux d’homicides de 37,6 pour 100’000 habitants en 2020, le Honduras est en outre un des pays les plus dangereux au monde (hors zones de conflit).

(AFP)

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