Actualisé 06.10.2018 à 07:36

DiplomatieHong Kong refuse un visa à un journaliste

Hong Kong a refusé de renouveler le visa d'un journaliste britannique. Londres demande des explications.

Andy Chan, militant indépendantiste hongkongais (gauche), et Victor Mallet (droite), le journaliste britannique, lors d'une conférence en juillet.

Andy Chan, militant indépendantiste hongkongais (gauche), et Victor Mallet (droite), le journaliste britannique, lors d'une conférence en juillet.

AFP

La Grande-Bretagne a réclamé samedi des «explications urgentes» après le refus de Hong Kong de renouveler le visa de travail d'un journaliste du «Financial Times» travaillant dans l'ex-colonie britannique. «Nous avons demandé au gouvernement de Hong Kong de fournir urgemment une explication», a indiqué dans un communiqué le ministère britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth.

«Le haut degré d'autonomie de Hong Kong et ses libertés de la presse sont au centre de son mode de vie et doivent être intégralement respectés», a ajouté le ministère. De son côté, le consulat américain à Hong Kong a qualifié de «particulièrement inquiétante» la mesure prise contre le journaliste Victor Mallet.

Les autorités hongkongaises ont pris leur décision deux mois après que le journaliste britannique eut animé une conférence avec un militant indépendantiste hongkongais, a annoncé le quotidien. Rédacteur en chef pour l'Asie du «Financial Times», Victor Mallet est également vice-président du Club des correspondants étrangers (FCC), une institution de la presse à Hong Kong.

Les autorités hongkongaises avaient sans succès tenté de dissuader le FCC, qui invite régulièrement des personnalités pour des conférences ouvertes à ses membres et aux médias, d'accueillir le 14 août Andy Chan, dirigeant du petit Parti national qui milite pour l'indépendance de l'ex-colonie britannique, revenue dans le giron de Pékin en 1997. M. Mallet avait été l'animateur de la conférence lors de laquelle M. Chan avait accusé la Chine de chercher à «annexer» et à «détruire» l'ex-colonie britannique.

De petites manifestations de partisans et d'adversaires de M. Chan avaient eu lieu aux abords du FCC, et l'ancien chef de l'exécutif hongkongais Leung Chun-ying avait ouvertement appelé à ce que le prestigieux club soit expulsé du bâtiment qui l'abrite et qui appartient au gouvernement.

La presse pro-Pékin a salué la décision des autorités, le journal «Ta Kung Pao» affirmant dans un éditorial que le journaliste devait «payer le prix» d'avoir animé la conférence avec M. Chan. Le journal a aussi fait valoir que le FCC pourrait être expulsé du bâtiment où il fonctionne depuis 1982.

Signe d'une dégradation de la situation des droits de l'Homme

«C'est la première fois que nous sommes confrontés à une telle situation à Hong Kong», a indiqué le «Financial Times» dans un communiqué confirmant que le renouvellement du visa du journaliste britannique avait été rejeté. «On ne nous a pas donné de raison au refus», selon la même source.

En vertu de l'accord de rétrocession passé entre Pékin et Londres, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés inconnues dans le reste de la Chine continentale, y compris la liberté d'expression. Mais nombreux sont ceux qui ont le sentiment que ces libertés sont en train de s'éroder et que la Chine durcit son emprise sur le petit territoire.

Le refus d'un nouveau visa pour M. Mallet est le signe d'une dégradation de la situation des droits de l'Homme à Hong Kong, a estimé Maya Wang, de Human Rights Watch. «Le gouvernement de Hong Kong est en train de suivre Pékin dans ses agissements agressifs à l'égard de ceux dont les opinions déplaisent aux autorités», a-t-elle dit. Le département hongkongais de l'Immigration n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP. La semaine dernière, Hong Kong a interdit le Parti national, une première depuis le retour en 1997 du territoire dans le giron de Pékin. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!