"Honte" du pape pour les prêtres pédophiles en Australie
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"Honte" du pape pour les prêtres pédophiles en Australie

Le pape Benoît XVI a présenté samedi les excuses de l'Eglise catholique aux victimes d'abus sexuels commis par des prêtres australiens.

Il a déclaré que les auteurs de ces crimes devaient être traduits en justice.

«Je suis profondément désolé pour la peine et les souffrances que les victimes ont endurées», a dit le souverain pontife lors de son homélie pendant une messe à la cathédrale St Mary de Sydney célébrée devant les évêques et les séminaristes australiens.

«Ces délits, qui constituent une grave trahison de la confiance, méritent une condamnation sans équivoque», a-t-il poursuivi dans la ville australienne, où il participe aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). «Les responsables de ces maux doivent être traduits en justice», a-t-il dit.

Une première

Depuis son élection en 2005, Benoît XVI n'avait jamais parlé de façon aussi explicite de la question des abus sexuels commis par des membres du clergé ni dit aussi clairement que ces derniers devaient comparaître en justice.

Les autorités ecclésiastiques ont plutôt eu tendance à étouffer les affaires de ce type en réaffectant les prêtres pédophiles présumés dans d'autres paroisses sans les radier du clergé ni les remettre à la justice.

Selon l'organisation Broken Rites, qui représente des victimes australiennes d'abus sexuels, 107 condamnations ont été prononcées contre des membres de l'Eglise catholique. Mais le nombre véritable de cas d'abus sexuels par des membres du clergé serait bien plus élevé.

Honte

Benoît XVI avait déjà été confronté au scandale des abus sexuels commis par des prêtres lors de sa visite à Washington, en avril dernier. Le chef de l'Eglise catholique avait rencontré des victimes, promis de tenir les pédophiles à distance du clergé et exprimé sa «honte», un terme qu'il a repris samedi en Australie.

«Je désire faire une pause pour reconnaître la honte que nous avons tous ressentie à la suite des abus sexuels sur des mineurs de la part de certains prêtres et religieux de cette nation», a-t-il dit durant son homélie.

Pas suffisant, selon les victimes

Des victimes ont estimé que le pape ne devait pas se contenter d'excuses. Elles jugent nécessaire la mise en place d'un mécanisme transparent permettant d'enquêter sur les cas d'abus sexuels.

«Ce qu'il faut, c'est la justice, la possibilité pour les victimes de saisir les tribunaux», a réagi Chris MacIsaac, porte- parole de l'association Broken Rites. Ces excuses auraient dû être prononcées «dans une cathédrale pleine de victimes», a-t-il ajouté.

Les parents de deux jeunes filles victimes d'un prêtre de Melbourne ont également jugé les excuses du pape «décevantes». «Il ne s'agit que de mots, la même chose entendue depuis 13 ans (...), il n'y a rien de concret derrière», a déclaré Anthony Foster, le père des jeunes filles, dont l'une s'est suicidée et l'autre a sombré dans l'alcool.

Distributions de préservatifs

Benoît XVI est venu à Sydney présider les JMJ, rassemblement planétaire de jeunes catholiques qui doit s'achever dimanche par une messe en plein air sur un hippodrome où sont attendues 500 000 personnes.

Sa visite en Australie n'est pas du goût de tous. Sur leur parcours longeant le quartier gay de Sydney, quelque 500 militants hostiles au discours du pape sur la morale sexuelle ont manifesté et distribué des préservatifs.

Au même moment, 200 000 jeunes pèlerins chrétiens défilaient dans le port de Sydney, en direction d'un champ de courses, pour participer à une veillée en présence du souverain pontife. La police a tenu à distance manifestants et pèlerins, mais un pèlerin a été arrêté pour avoir frappé au visage un manifestant anti-pape.

(afp)

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