16.02.2017 à 04:08

Syrie

Hôpital bombardé: Moscou et Damas accusés

Deux hôpitaux avaient été visés en février 2016. Médecins sans frontières a mené l'enquête.

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Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Keystone
Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Des vidéos, trouvées sur les réseaux sociaux, montrent «qu'il y a des attaques systématiques des hôpitaux de la part des armées russe et syrienne», estime un porte-parole de Forensic architecture. Ce centre de recherche britannique a procédé à l'analyse des images «dans le moindre détail» pour MSF.

Le 15 février 2016, vers 09h00 locales, «quatre frappes» touchent un hôpital soutenu par MSF dans la province rebelle d'Idleb. Alors que les secours s'activent, de nouvelles frappes surviennent 45 minutes plus tard. Au total, 25 personnes meurent et 11 sont blessées, selon un bilan alors communiqué par l'ONG.

Peu après 11h00, l'hôpital public de Maaret al-Noomane, situé à six kilomètres de là, est à son tour bombardé. Le bilan humain de cette autre attaque n'est pas connu.

Des vidéos et des images satellites analysées

Forensic architecture a décortiqué une dizaine de vidéos retrouvées sur les réseaux sociaux. Des captures d'image, grossies, démontrent qu'elles correspondent bien aux bombardements ciblés. Le centre de recherche a eu recours à des images satellites pour déterminer l'endroit exact des prises de vue. Il a dissocié les bandes sonores pour entendre les commentaires des témoins ou le grondement des deux avions impliqués.

La silhouette d'un des aéronefs, élargie, correspond à celle d'un Mig-23, que seul le régime syrien utilise. Les horaires des bombardements correspondent à ceux des décollages de deux avions, constatés par l'Armée syrienne libre.

Le premier est parti d'une base aérienne russe, tandis que le second a décollé d'un aérodrome syrien et a touché Maaret al-Noomane, estime Forensic architecture.

«Il n'y a pas de preuve formelle mais..."

«Il n'y a pas de preuve formelle mais un faisceau de présomption qui nous conforte», juge le directeur des opérations adjoint de MSF Pierre Mendiharat. «On avait déjà la conviction que les forces gouvernementales et pro-gouvernementales étaient responsables», a-t-il poursuivi.

Le lendemain de ces attaques, l'ambassadeur syrien à l'ONU avait accusé MSF de travailler pour les renseignements français. L'ambassadeur de Syrie à Moscou avait, lui, pointé du doigt l'aviation américaine, quand Washington avait mis en cause le régime syrien et son allié russe. Des centaines de structures médicales ont été détruites durant le conflit syrien, qui a fait plus de 300'000 morts. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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