«The Neon Demon»: Horrifique monde de la mode
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«The Neon Demon»Horrifique monde de la mode

Sélectionné à Cannes, «The Neon Demon» oscille entre chef-d'œuvre et fable grotesque.

par
Marine Guillain

Tout a commencé avec une bande-annonce des plus racoleuses: mannequins, nudité, sexe, sang, violence. Nicolas Winding Refn avait-il cédé à l'appel du commercial pour «The Neon Demon»? Ou avait-il étoffé son propre style, comme il disait vouloir le faire dans le documentaire que sa femme a réalisé sur lui après «Drive», durant le tournage de «Only God Forgives»?

La première partie se rapproche davantage de l'option 1. Jessie (Elle Fanning, le pendant féminin de Ryan Gosling), jeune brebis innocente, débarque à Los Angeles pour se lancer dans le mannequinat. Sa beauté naturelle et son succès vont faire tourner les têtes et naître des jalousies dévorantes... Puis, le scénario de plus en plus creux se gélifie dans l'art conceptuel et psychédélique du cinéaste danois. Son obsession pour l'esthétisme transparaît dans tous les plans, quasi immobiles et ultra travaillés aux niveaux sonore et visuel. Le tout s'achève de manière complètement surréaliste.

Si «The Neon Demon» avait été une exposition photo ou une performance audiovisuelle, ça aurait été une vraie réussite. Mais là, on est au cinéma, et on ne sait pas sur quel pied danser.

«The Neon Demon»

De Nicolas Winding Refn. Avec Elle Fanning, Bella Heathcote, Keanu Reeves.

Sortie le mercredi 8 juin 2016. **

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