Actualisé 30.09.2011 à 10:22

Enquête en FranceHortefeux entendu dans l'affaire Karachi

L'ancien ministre de l'Intérieur français Brice Hortefeux a affirmé qu'il ne disposait d'aucun élément du dossier de la procédure judiciaire.

Dans une conversation téléphonique, Brice Hortefeux explique à Thierry Gaubert que sa femme «balance beaucoup».

Dans une conversation téléphonique, Brice Hortefeux explique à Thierry Gaubert que sa femme «balance beaucoup».

L'ex-ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, entendu vendredi dans l'enquête ouverte pour violation du secret professionnel en marge de l'affaire Karachi, a fait savoir qu'il ne disposait d'«aucun élément» de cette procédure contrairement à ce que pouvaient laisser entendre des écoutes téléphoniques dans lesquelles il apparaît.

Vendredi dernier, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire à la suite de la publication par la presse de retranscription d'écoutes téléphoniques, révélant le contenu de conversations entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert, qui était placé sur écoute et a été mis depuis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi. Les syndicats de magistrats, étonnés par les propos tenus par l'ancien ministre sur ces écoutes avaient demandé une enquête.

Aucun élément à sa disposition

Dans un communiqué diffusé vendredi, M. Hortefeux confirme qu'il a été entendu dans le cadre de cette enquête et qu'il a «pu préciser et démontrer, en toute transparence, qu'il ne disposait d'aucun élément provenant du dossier de la procédure judiciaire».

Dans une conversation téléphonique en date du 14 septembre, Brice Hortefeux explique à Thierry Gaubert que sa femme «balance beaucoup», selon la retranscription que l'AP a pu consulter. A Thierry Gaubert, qui lui demande s'il dispose d'éléments sur ce qu'aurait dit sa femme, dont il est séparée, aux enquêteurs, M. Hortefeux répond: «Si, euh, euh, mais ça m'embête de te le dire par téléphone».

Thierry Gaubert, qui fut conseiller de Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier était ministre du Budget (1993-1995), a été mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux dans le volet financier de l'affaire Karachi.

Rétro-commissions

La justice enquête sur d'éventuelles rétro-commissions, liées aux commissions, légales à l'époque, versées dans le cadre de deux contrats d'armements - Agosta et Sawari II - qui auraient pu financer la campagne d'Edouard Balladur à la présidentielle de 1995. L'ancien Premier ministre a démenti de telles allégations.

Le premier contrat porte sur la vente de trois sous-marins au Pakistan, le second concerne la vente de trois frégates militaires à l'Arabie Saoudite, deux contrats signés en 1994 sous le gouvernement Balladur.

L'ex-directeur de cabinet de M. Balladur à Matignon, Nicolas Bazire, qui fut également son directeur de campagne, a été mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi. Un troisième personne est poursuivie dans cette affaire, l'intermédiaire franco-libanais, Ziad Takieddine.

Ziad Takieddine, qui dément être intervenu sur le contrat Agosta mais reconnaît avoir joué un rôle dans Sawari II, avait été, selon plusieurs personnes entendues dans ce dossier, imposé par le ministère de la Défense dont le titulaire était à l'époque François Léotard. (ap)

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