Egypte: Hosni Moubarak devant la justice mercredi
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EgypteHosni Moubarak devant la justice mercredi

L'ancien président Hosni Moubarak devra rendre des comptes à la justice dès mercredi.

L'ex-président Hosni Moubarak, emporté en février par les manifestations du «printemps arabe», doit comparaître à partir de mercredi pour des accusations de corruption et de meurtre. Il risque la peine de mort.

Pour des raisons de sécurité, le procès se tiendra à l'école de police du Caire, dans le nord de la ville. Toutes les audiences seront retransmises en direct à la télévision.

Sur le banc des accusés, Hosni Moubarak, 83 ans, côtoiera ses fils Alaa et Gamal, son ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et six responsables de la sécurité. L'homme d'affaires Hussein Salem, très proche des Moubarak, sera jugé par contumace.

Les onze hommes sont accusés d'avoir donné les ordres ayant abouti à la mort de près de 850 personnes pendant la révolte entamée le 25 janvier qui a fait chuter le régime 18 jours plus tard. Ils sont aussi accusés d'avoir volé des millions de dollars à l'Etat égyptien.

Transfert?

Hosni Moubarak est actuellement en détention à l'hôpital de Charm el-Cheikh, où il est soigné pour des problèmes cardiaques. Son transfert au Caire était l'une des principales revendications de manifestants qui sont redescendus sur la place Tahrir, emblématique de la révolte au Caire, pour dénoncer la lenteur des procédures judiciaires contre les anciens responsables et des réformes.

Le ministère égyptien de l'Intérieur a ordonné lundi ce transfert de l'ex-président pour qu'il assiste à son procès, a rapporté la presse égyptienne mardi. Lundi, il a reçu un ordre du tribunal pour être transféré dans la banlieue nord du Caire, où va se dérouler son procès, mais on ne sait pas encore si ses médecins, qui le disent très faible, vont autoriser son déplacement, indique le quotidien pro-gouvernemental «Al-Masry Al-Youm».

Armée en délicatesse

Mais l'armée, chargée d'assurer la transition démocratique, se retrouve dans une position délicate dans la mesure où, comme tous les présidents égyptiens avant lui, M. Moubarak est un militaire. Et le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) est dirigé par Hussein Tantaoui, qui a été ministre de la Défense du raïs pendant deux décennies.

Selon des analystes, juger l'homme qui a dirigé le pays pendant 30 ans pourrait être difficile, simplement parce qu'il en sait trop. Un tel procès semblait inimaginable il y a quelques mois et beaucoup d'Egyptiens n'y croient toujours pas.

Mais les nouvelles autorités veulent saisir l'occasion pour faire preuve de leur bonne foi. Et alors que l'opinion redoute de voir le procès ajourné dès son ouverture, le juge Ahmed Refaat, président du tribunal pénal du Caire qui doit juger M. Moubarak, a promis un procès rapide.

Doutes

Il n'est cependant pas certain que la santé de M. Moubarak lui permette de se présenter au tribunal. Les informations sur le sujet sont rares et souvent confuses, voire contradictoires, ce qui pousse ses opposants à l'accuser de tenter de se dérober.

La semaine dernière, le ministre de la Santé, Amr Hilmi, a déclaré à la presse que M. Moubarak était en «bonne santé» et en état d'être transféré. Une source médicale a précisé à l'AFP qu'il était «déprimé», et selon les médias officiels, il refuse de s'alimenter et il est devenu très faible.

Son avocat a annoncé que l'ancien président souffrait d'un cancer de l'estomac et qu'il était tombé dans le coma, des propos démentis par l'hôpital de Charm el-Cheikh.

1981

L'assassinat par des islamistes du président Anouar el-Sadate avait permis en 1981 à cet ancien commandant de l'armée de l'air d'accéder à la tête de l'Egypte. Mais personne ne prédisait à l'époque beaucoup d'avenir à cet homme sans charisme.

Réputé pragmatique, mais de plus en plus coupé du peuple et orgueilleux, il s'est appuyé sur un redoutable appareil policier et un parti à sa dévotion pour étendre son emprise et régner sans partage sur le pays pendant trois décennies.

Le maintien contre vents et marées des accords de paix conclus en 1979 avec Israël et sa réputation de modéré au sein du monde arabe ont valu à son régime autocratique les faveurs de l'Occident, en particulier des Etats-Unis dont il restera jusqu'à sa chute l'allié indéfectible. (ats/afp)

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