Cinéma: «Hôtel Woodstock»: Woodstock revisité à contrechamp

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Cinéma«Hôtel Woodstock»: Woodstock revisité à contrechamp

Le réalisateur de «Brokeback Mountain» s'empare du phénomène Woodstock et livre une œuvre hallucinée.

par
Winnie Covo

Jeune, un peu ringard, franchement coincé, Eliott retourne chez ses parents à 150 km de New York. Alors que papa et maman, propriétaires d'un motel miteux, semblent proches de la faillite, il décide de contacter les organisateurs d'un festival hippie snobé par ses voisins. Il est alors loin d'imaginer qu'il est sur le point de voir débarquer le plus grand festival de rock jamais organisé. Merveilleusement mis en scène par Ang Lee, «Hôtel Woodstock» raconte l'histoire d'un festival mythique à travers le regard d'un jeune homme à côté de la plaque. Jamais il ne nous amènera sur scène, ni au-delà des barrières de sécurité d'ailleurs. Pourtant, au fur et à mesure du récit, c'est comme si les vibrations de l'événement ondulaient jusqu'à nous. Une scène de travelling exceptionnelle finira de nous conforter dans cette impression: Eliott embarque sur la moto d'un policier qui traverse la foule des pèlerins prêts à se sacrifier aux dieux du rock.

Ang Lee excelle à nous transmettre ce doux sentiment de nostalgie pour une période que nous n'avons, pour certains, pas vécue. S'ajoutent à tout cela un humour imparable et une apparition miracle de Liev Schreiber en transsexuel de haut vol. Jouissif.

De Ang Lee, avec Demetri Martin

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