Actualisé 06.11.2019 à 10:44

Suisse

«Hôteliers, pas de surcoût pour les chiens-guides»

La faîtière des hôteliers suisses n'a pas de directive précise sur l'accueil des animaux d'assistance. Elle recommande cependant la gratuité.

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HôtellerieSuisse, la faîtière des hôteliers, conseille à ses membres que les personnes accompagnées de chiens guides ou de chiens dassistance puissent avoir leur animal auprès deux et que des mesures appropriées soient mises en place sans surtaxe.

HôtellerieSuisse, la faîtière des hôteliers, conseille à ses membres que les personnes accompagnées de chiens guides ou de chiens dassistance puissent avoir leur animal auprès deux et que des mesures appropriées soient mises en place sans surtaxe.

Moritz Hager

Un quadragénaire aveugle vaudois a dû s'acquitter d'un montant de 30 fr pour que son chien-guide soit accepté dans un hôtel à Rougemont (VD). Depuis la polémique fait rage, notamment sur les réseaux sociaux ainsi que dans la branche hôtelière et le milieu du handicap. Les hôteliers doivent-ils facturer la présence d'un chien qui guide ou assiste un client en situation de handicap?

Contactée par «20 minutes», HotellerieSuisse, la faîtière de la branche, confirme qu'il n'existe pas de directive précise sur ce point. En revanche, les recommandations de l'organisation sont claires et nettes: «Les chiens-guides doivent toujours être admis sans surcoût pour leur détenteur. Ils sont un moyen auxiliaire indispensable pour les hôtes malvoyants. Certaines personnes nécessitent une aide dans leur quotidien. Parfois, l'engagement d'un quadrupède formé spécifiquement pour l'assistance est donc nécessaire.»

Prendre les mesures appropriées pour ces chiens

HotellerieSuisse rappelle que les chiens-guides sont «entraînés spécialement pendant de lonaugues années et remplacent dans une large mesure les yeux d'une personne malvoyante». Elle insiste sur les relations entre cet animal et son maître. «Dans le tourisme et l'hôtellerie, la règle veut que les personnes accompagnées de chiens-guides ou de chiens d'assistance puissent avoir leur animal auprès d'elles et que des mesures appropriées soient mises en place pour ces compagnons à quatre pattes. Ils ne représentent jamais un danger pour des tiers et ils s'adaptent très vite à leur environnement où que ce soit», constate HotellerieSuisse.

Selon la faîtière, l'interdiction doit être une exception qui pourrait, par exemple, être appliquée dans des «hôtels pour personnes allergiques ou dans des centres médicaux».

Pour une hospitalité sans couac

La faîtière préconise tout un panel d'attitudes dont l'objectif demeure l'hospitalité et la qualité de l'accueil des hôteliers.

– Les chiens-guides doivent toujours être admis, sans surcoût pour leur détenteur.

– Aussi longtemps que le chien-guide est doté d'un harnais, il est en service et ne doit pas être dérangé. Il ne faut ni le caresser ni lui parler. Cela évite de distraire le chien qui est responsable de la sécurité de son maître.

– Demandez à votre hôte si son chien a besoin de quelque chose et n'entreprenez rien sans son consentement.

– L'aménagement d'une place dans la chambre avec une couverture et un coussin est un geste apprécié de l'hôte pour son chien.

– Les chiens-guides doivent être admis sans restriction dans tous les lieux publics, donc y compris dans le restaurant et les autres secteurs de l'hôtel,

même si ceux-ci sont d'ordinaire interdits aux chiens.

– Prenez des dispositions nécessaires relatives aux chiens d'assistance et à leur maître et informez-les-en sur votre site web.

S'adapter à une réalité démographique

Avec le vieillissement de la population, les hôteliers suisses ont compris que l'accessibilité de leurs infrastructures peut attirer davantage de clientèle. En Suisse, sur une population de 8,5 millions d'habitants, 17% sont en situation de handicap. C'est-à-dire que près d'une personne sur cinq est restreinte dans ses activités de manière temporaire ou de permanente, physiquement ou psychiquement, à la suite d'un accident, d'une maladie ou en raison de l'âge. «Si nous voyons ces personnes comme des clients et des hôtes comme les autres, nous devons admettre que, plus nous supprimons d'obstacles, moins il y a de personnes handicapées. Le problème généralement, ce ne sont jamais les hôtes, ce sont les obstacles qui les empêchent de profiter de nos offres», préconise HotellerieSuisse.

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