Houda, top model engagé
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Houda, top model engagé

A 20 ans, Houda Shretah a vécu une expérience insolite dans une agence de mannequins à New York. Récit.

– Pourquoi New York?

– Après ma matu, je me suis inscrite comme étudiante en droit et ai décidé de partir quinze jours à l'étranger pour améliorer mon anglais. J'y suis restée un an. J'ai regardé une carte et décidé que ce serait New York. J'ai pris un billet, trouvé un logement à Brooklyn. Sur place, je voulais gagner un peu d'argent...

– D'où vos premiers pas dans le mannequinat...

– Oui, j'ai signé très rapidement avec New York Model Agency, qui est dans le top 10 américain. J'ai multiplié les castings, construit un book et obtenu des jobs.

– Lesquels, par exemple?

– Au début, il y a eu de tout, des défilés, des shootings pour des marques peu connues, et les bookers de l'agence se sont aperçus de mon potentiel.

– Les cachets?

– J'ai démarré à 400 dollars mais atteint une moyenne de 2000 à 3000 dollars la journée. Maintenant, je peux demander 15 000 dollars.

– Que retenez-vous de la vie new-

yorkaise?

– La ville en elle-même a une aura incroyable. C'est bien la ville des occasions et des rencontres.

– Des anecdotes...?

– Cela peut commencer avec un Haïtien qui m'a aidé à entrer en contact avec des bookers. En passant par un Indien qui a raconté à une étrangère comment il a obtenu une «green card». Il y

a eu les déceptions, comme un styliste qui a essayé de me mettre dans son lit. En tout cas, je reviens avec un plus grand espoir en l'humanité...

- Y a-t-il des choses qui vous ont manqué là-bas?

- Ma famille surtout, pour le reste, New York est une ville tellement riche que j'ai eu plutôt un petit pincement en revenant. Avant de partir, je jouais au basketball en compétition avec l'équipe de Lancy.

Là-bas, je jouais dans les rues avec des balaises. J'en ai encore quelques marques sur les genoux.

- Comment gravir encore des échelons pour être au top?

- Il faudrait maintenant que je puisse avoir le maximum de photos qui me correspondent dans les magazines importants aux Etats-Unis et dans le monde. Cela me permettra de rencontrer des clients plus importants.

- Avec cette expérience, pensez-vous faire une carrière dans le mannequinat?

- Je ne sais pas encore, malgré cette réussite soudaine et innatendue, c'est un métier saisonnier avec des hauts et des bas. Un mois tu peux gagner beaucoup d'argent et ne rien faire ensuite.

J'ai besoin aujourd'hui de reprendre des études. J'hésite entre le droit ou encore HEI, et je veux mener des projets humanitaires.

- Un petit rappel sur vos expériences dans le mannequinat?

- J'ai passé un casting où j'ai rencontré Annie-Michèle Brunner, directrice de l'agence Seven, en 2001. J'avais 15 ans. J'ai eu des petits contrats et nous avons décidé d'attendre la fin de ma maturité avant de travailler activement.

Une fois à New York, en septembre 2005, les bookers de Seven m'ont pris deux rendez-vous avec des agences parisiennes basées sur place, mais cela ne s'est pas avéré fructueux.

Je me suis prise en main, et, grâce aux rencontres faites, aujourd'hui, l'agence Seven est en discussion avec l'agence américaine pour prendre en charge le management européen.

La voie normale est de travailler à Paris ou à Milan avant d'espérer être repérée à New York. Or, comme je ne corresponds pas à certains critères européens de mannequinat, mes chances étaient très limitées.

Ce qui n'est pas le cas pour des agences de modèles orientées clients commerciaux, où les critères sont bien sûr d'avoir d'excellentes mensurations mais aussi du charisme.

- D'où viennent votre charisme et votre tempérament?

- Nous sommes quatre femmes à la maison, et cela forge le caractère...

Juan Caido

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