Syrie: HRW accuse l'opposition d'exactions
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Des groupes armés d'opposants syriens ont enlevé, torturé et exécuté des membres des forces de sécurité, accuse mardi l'organisation Human Rights Watch (HRW).

«Les méthodes brutales du gouvernement syrien ne peuvent justifier les abus de la part des groupes d'opposition armés», met en garde l'ONG.

La directrice de HRW pour le Proche-Orient Sarah Leah Whitson a envoyé une lettre ouverte aux mouvements d'opposition, dont le Conseil national syrien (CNS). «Les chefs de l'opposition doivent clairement faire savoir à leurs partisans qu'ils ne peuvent torturer, enlever ou exécuter en aucune circonstance», ajoute-t-elle.

Cependant, plusieurs groupes anti-régime ayant commis des abus ne semblent pas appartenir à des structures organisées, ni dépendre du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition au président Bachar al-Assad, a précisé l'ONG.

Vidéos sur YouTube

HRW s'appuie sur des dizaines de vidéos postées sur le site YouTube. On peut y voir des membres des forces de sécurité ou des sympathisants présumés du gouvernement se soumettre à des aveux, obtenus apparemment sous la contrainte. Dix-huit de ces documents montrent ainsi des détenus portant des traces de coups ou d'abus physiques.

Une vidéo montre un homme pendu à un arbre devant plusieurs combattants. Un commentaire indique qu'il était membre des «chabbiha», les milices redoutées du gouvernement.

Tensions interconfessionnelles

HRW précise que certains actes semblent avoir été commis pour des motifs confessionnels. Le pays est majoritairement sunnite mais le régime est dirigé par des alaouites, une branche du chiisme.

«Plusieurs rapports montrent que certaines attaques menées par l'opposition armée étaient motivées par des sentiments anti- Alaouites ou anti-Chiites, dus à l'association de ces communautés avec les politiques gouvernementales», selon HRW.

«Il faut impérativement que les éléments armés de l'opposition syrienne protègent les droits de l'Homme», a souligné Mme Whitson. «Ils doivent clairement se prononcer pour une Syrie qui tourne la page des violations de l'ère Assad et accueille tout le monde, sans distinction de religion ou de culture, sans discrimination», a-t-elle poursuivi.

La Syrie est composée à 75% de musulmans sunnites et certains commentateurs redoutent de voir le conflit dégénérer en guerre civile.

(ats)

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