Droits de l'homme: HRW dénonce l'«impunité» de la police indienne
Actualisé

Droits de l'hommeHRW dénonce l'«impunité» de la police indienne

L'ONG dénonce des tortures à mort régulières et avance le chiffre de 675 décès en six ans.

Arrestation musclée d'un militant communiste par la police indienne, à Chennai le 28 novembre 2016.

Arrestation musclée d'un militant communiste par la police indienne, à Chennai le 28 novembre 2016.

AFP

La police en Inde torture à mort des suspects en toute impunité, imputant leur décès à des causes naturelles ou à un suicide, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW) lundi.

D'après le groupe de défense des droits des l'Homme, le non-respect des procédures dans une arrestation, comme l'obligation de présenter un suspect à un magistrat sous 24h, permet à la police de tuer sans sanctions.

Au moins 675 personnes sont mortes en détention policière en Inde entre 2009 et 2015, selon des chiffres officiels. L'enquête de HRW a trouvé que certaines victimes avaient été battues à coups de ceintures ou bottes, ou suspendues par leurs poignets.

«Etant donné que ces morts interviennent derrière des portes closes, il est très difficile de prouver comment (les suspects) sont décédés si d'autres policiers témoins protègent leurs collègues», a déclaré Jayshree Bajoria, l'auteure du rapport.

Pas d'examen médical

«La non-responsabilisation de la police est la raison pour laquelle il y a une impunité tenace pour les morts en détention en Inde», a-t-il indiqué à l'AFP.

Les procédures, notamment un examen médical juste après l'arrestation pour relever les blessures prééexistantes, n'ont été respectées dans aucun des 17 cas sur lesquels HRW a enquêté.

Dans l'un de dossiers, un policier de Bombay a déclaré que le suspect avait été passé à tabac car il était «un criminel endurci» qui refusait de divulguer des informations.

«Il était si faible après la correction que lorsqu'il s'est levé pour boire de l'eau, la douleur lui donnait le vertige et il s'est effondré contre une fenêtre, se fracturant la mâchoire inférieure», a relaté Atmaram Gurav, cité dans le rapport.

Entre 2010 et 2015, seule une condamnation a été prononcée pour une mort en détention en Inde. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion