Genève: HSBC: le Parquet veut «sécuriser les preuves»
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GenèveHSBC: le Parquet veut «sécuriser les preuves»

Le procureur général a perquisitionné la banque dans le cadre d'une procédure pour blanchiment aggravé. Il explique sa démarche.

par
Jérôme Faas
Le procureur général Olivier Jornot, le mercredi 18 février, sort en cours de perquisition de la banque HSBC à Blandonnet.

Le procureur général Olivier Jornot, le mercredi 18 février, sort en cours de perquisition de la banque HSBC à Blandonnet.

Une procédure pénale a été ouverte ce mercredi contre HSBC Private Bank (Suisse) SA et contre inconnus. Sur le coup de midi, le procureur général du canton de Genève, Olivier Jornot, a quitté momentanément la perquisition qu'il menait dans les locaux de l'établissement bancaire situés à Blandonnet. Sur le parvis, il a expliqué aux nombreux journalistes présents que la perquisition en question allait durer «probablement toute la journée. Il s'agit de nous assurer que nous sécurisons tous les moyens de preuve nécessaires, de manière à nous faire notre propre idée sur les éventuelles violations de la loi pénale qui auraient pu survenir.»

Indices de blanchiment recherchés

Les auditions et éventuelles démarches d'entraide qui pourraient être menées à l'étranger n'interviendront que dans un second temps. «En l'état, nous cherchons à sécuriser toutes les informations portant sur les comptes et clients qui ont été évoqués comme étant détenteurs de fonds provenant d'infractions pénales. On recherche, par conséquent, des indices de blanchiment d'argent, puisque c'est bel et bien pour blanchiment aggravé que la procédure a été ouverte. Ce qu'on recherche aujourd'hui, ce ne sont pas encore des preuves, ce sont tous les documents, toutes les informations qui nous permettront ensuite de procéder à l'analyse.»

Pourquoi maintenant?

Olivier Jornot a confirmé que les informations sur la base desquelles a été ouverte la procédure sont celles qui ont été diffusées dans les médias ces derniers jours. Pourquoi agir maintenant, alors que certaines informations rendues publiques par le biais de l'opération SwissLeaks étaient déjà connues par le passé, quoique moins documentées? «Lorsque l'on procède à des investigations pénales, on choisit un moment. Ce n'est pas avant, ce n'est pas après, c'est maintenant.»

«Il y a très souvent des informations qui paraissent dans la presse, a commenté le procureur général. Certaines ont l'air plus vraisemblables que d'autres. Certaines donnent lieu à des investigations sans que celles-ci soient rendues publiques. Donc, le fait que nous soyons ici aujourd'hui ne signifie absolument pas que nous n'ayons pas été ici et là par le passé, dans le cadre d'autres enquêtes et d'autres informations.»

L'origine des informations n'est pas déterminante

A la question de savoir si le fait d'agir sur la base d'informations volées était un problème, le magistrat a répondu par la négative. «En ce qui concerne les enquêtes pénales qui portent sur des soupçons de blanchiment d'argent aggravé, la question de l'origine de l'information n'est pas déterminante. Ce qui est déterminant, c'est l'origine des preuves.» C'est la raison pour laquelle le Ministère public organisait une perquisition ce mercredi, en vue d'obtenir des documents, «dans le cadre de la procédure pénale de façon parfaitement légale».

Prescription de quinze ans

Olivier Jornot a encore précisé que le blanchiment aggravé se prescrit après quinze ans, «donc nous n'avons aucun problème pour faire des investigations sur des affaires qui se situent à l'intérieur de cette fourchette de temps». Selon lui, la banque coopère de manière adéquate avec les enquêteurs.

Le Ministère public de la Confédération a par ailleurs été informé de la démarche genevoise et savait que l'opération en cours allait se dérouler.

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