Actualisé 21.03.2017 à 08:03

PérouHuarmey, une ville prisonnière de la boue

Une petit ville péruvienne est dévastée par le torrent d'eau sale. Les habitants doivent s'enfoncer dans la boue jusqu'à la moitié du corps pour traverser la rue.

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Au moins 133 personnes ont perdu la vie au Pérou depuis le début de l'année dans les pluies torrentielles, inondations et glissements de terrain provoqués par «El Niño côtier». (Jeudi 27 avril 2017)

Au moins 133 personnes ont perdu la vie au Pérou depuis le début de l'année dans les pluies torrentielles, inondations et glissements de terrain provoqués par «El Niño côtier». (Jeudi 27 avril 2017)

Keystone
Depuis le début de ces inondations, ce sont des quartiers entiers comme celui d''El Indio' qui ont les pieds dans l'eau. (Jeudi 23 mars)

Depuis le début de ces inondations, ce sont des quartiers entiers comme celui d''El Indio' qui ont les pieds dans l'eau. (Jeudi 23 mars)

AFP
Pour le pasteur Ricardo Medina, les pluies diluviennes résultent de l'idéologie de la théorie du genre. Une punition divine.(Mardi 21 mars 2017)

Pour le pasteur Ricardo Medina, les pluies diluviennes résultent de l'idéologie de la théorie du genre. Une punition divine.(Mardi 21 mars 2017)

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«De l'eau, nous voulons de l'eau», crient, depuis les toits de leurs maisons, les habitants désemparés de la commune de Huarmey, encerclée par la boue depuis les pluies diluviennes qui ont balayé le Pérou ces derniers jours, faisant une trentaine de morts.

Ces précipitations dans les Andes, causées par le phénomène El Niño, qui perturbe régulièrement le climat en Amérique latine, ont démarré mercredi dernier, provoquant inondations, avalanches et coulées de boue.

Elles ont aussi fait déborder le fleuve Huarmey, qui a déferlé sur la ville du même nom, cité portuaire à 300 kilomètres au nord du Pérou.

«D'abord, un peu d'eau du fleuve a commencé à arriver et ensuite, boum , l'eau nous a attaqués. Nous ne pouvions plus rien faire», raconte, depuis le toit de sa maison, Paulina Farromeque.

Désormais, «toutes mes affaires sont enterrées» sous la boue, dit-elle, regrettant que «personne ne soit venu» les aider.

Dans la ville dévastée par le torrent d'eau sale, les habitants doivent s'enfoncer dans la boue jusqu'à la moitié du corps pour traverser la rue. Certains tentent de dégager leur logement avec des seaux et des pelles, d'autres préfèrent attendre sur le toit.

A quelques mètres de la maison de Paulina, le commissariat a été presque entièrement submergé et les agents ne peuvent travailler que depuis l'étage du bâtiment.

«La plupart des gens ont tout perdu. Leurs maisons, leurs voitures, leurs biens, leur nourriture, leurs vêtements, presque tout», confie un habitant, José Salirosas, le visage inquiet.

Se déplacer dans la ville relève d'un véritable défi: à chaque pas, la boue emprisonne les jambes et ralentit le rythme de celui qui essaie d'avancer.

La catastrophe en images

«Il faut s'accrocher aux murs, aux grilles, marcher sur les côtés pour ne pas s'enfoncer», explique un autre riverain, Eugenio Huertas, qui a appris à se débrouiller comme il peut pour avancer, au cours de ces quatre derniers jours. Des cordes ont aussi été installées d'un trottoir à l'autre, pour aider les habitants à traverser.

75 morts depuis janvier

Depuis janvier, «El Niño», en réchauffant la température de la mer, qui s'évapore et donne lieu à de fortes pluies, a causé la mort de 75 personnes au Pérou, dont une trentaine cette dernière semaine.

Près de 100'000 habitants ont tout perdu et plus de 620'000 ont subi des pertes matérielles, dont au moins 40'000 à Huarmey. Le gouvernement y a déployé des navires de la Marine avec de l'aide humanitaire.

Des militaires ont également été dépêchés dans la petite ville, pour aider les secours et rassurer la population, inquiète face aux rumeurs de pillage des magasins encore approvisionnés.

Malgré ces renforts, et la venue sur place de la ministre de la Santé, Patricia Garcia, vendredi, les habitants, qui doivent faire la queue pour obtenir des rations d'eau propre, jugent que ce n'est pas suffisant.

«Les hélicoptères passent, mais juste pour prendre des photos. Personne ne vient», soupire le pêcheur Jorge Lopez, qui habite lui aussi dans cette commune en bordure de l'océan Pacifique.

Dans l'une des rues de Huarmey, les riverains racontent s'être cotisés, à raison de six dollars chacun, pour louer une pelleteuse afin de retirer la boue du passage.

«Huarmey a été déclarée région en détresse parce que les inondations continuent. Et le pire c'est qu'elles se produisent en pleine nuit. On a besoin d'aide urgemment, de l'eau, des provisions», clame Luz Castillo, protégée derrière un mur de briques qu'elle a monté à l'entrée de sa maison pour empêcher l'eau d'entrer à nouveau.

Selon les autorités, la commune restera encore sous la menace de nouvelles avalanches de boue pendant au moins une semaine. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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