Actualisé 24.11.2008 à 11:06

Elections au Vénézuéla

Hugo Chavez a gagné

Résultats sans surprise aux élections régionales et municipales au Vénézuéla.

Les partisans du président vénézuélien Hugo Chavez l'ont emporté dans la plupart des Etats lors des élections régionales et municipales de dimanche. Mais l'opposition s'est imposée dans certains grands centres, notamment dans la capitale Caracas.

Les élus du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) du président Hugo Chavez, dont la popularité reste très forte dix ans après son arrivée au pouvoir, sont arrivés en tête dans 17 des 22 Etats en lice, a annoncé le Conseil national électoral dimanche soir. Le taux de participation s'est monté à 65,45%.

Les partisans du président ont enregistré des victoires dans trois Etats tenus depuis quatre ans par des dissidents du chavisme -

Sucre, Guárico et Aragua - qui reviennent dans le giron présidentiel.

Résulats serrés

L'opposition a pour sa part remporté au moins quatre Etats, contre deux auparavant, notamment celui de Zulia, le plus riche et peuplé du pays, dans le nord-ouest, qu'elle tenait déjà. Elle est arrivée en tête dans l'Etat de Miranda, le deuxième le plus peuplé, et surtout dans la municipalité de Caracas, emportée contre toute attente par son candidat Antonio Ledezma.

Dans les deux derniers Etats, où les résultats sont trop serrés pour être proclamés selon la commission électorale nationale, l'opposition a revendiqué la victoire de justesse.

Ces résultats mitigés ont donné lieu à une bataille de déclarations, chaque camp cherchant à se présenter aux yeux de l'opinion publique comme le vainqueur du scrutin.

«Sauver Caracas»

«Une nouvelle étape commence», a déclaré Hugo Chavez peu après l'annonce des résultats. «Je veux féliciter les vainqueurs des partis d'opposition (...) Je les appelle à s'engager au plus haut niveau pour la démocratie. Espérons qu'ils dirigeront avec honnêteté, en respectant le gouvernement et les institutions», a-t-il affirmé.

Antonio Ledezma s'est pour sa part dit prêt à travailler de concert avec Chavez pour «sauver Caracas de l'anarchie». Il entend lutter contre la criminalité et améliorer les services publics, notamment la collecte des déchets.

Près de 17 millions de personnes étaient appelées à élire 22 gouverneurs, 328 maires et plusieurs centaines de conseillers régionaux et municipaux.

Pauvreté

Pour ce douzième scrutin depuis son élection en 1998, M. Chavez s'est pleinement investi dans la campagne. Il a réussi à éviter des sujets gênants pour ses partisans comme l'insécurité ou encore la vie trop chère dans ce pays où près de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté en dépit de la rente pétrolière.

Il a surtout assimilé le scrutin à un plébiscite sur sa gestion. «C'est l'avenir de la révolution qui est en jeu, l'avenir du socialisme, du Venezuela, du gouvernement révolutionnaire et d'Hugo Chavez», avait-il dit.

Renforcée par l'échec en décembre 2007 du référendum constitutionnel proposé par le gouvernement, l'opposition a aussi fait du scrutin un test national. Ses dirigeants ont notamment répété qu'un nouvel échec des chavistes les dissuaderait de tenter à nouveau de modifier la Constitution pour permettre à M. Chavez, en principe au pouvoir jusqu'en 2013, de briguer un nouveau mandat.

(ap)

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