Actualisé 08.10.2012 à 06:01

VenezuelaHugo Chavez réélu président jusqu'en 2019

Hugo Chavez a été réélu, dimanche avec plus de 54% des voix, pour six ans lors de la présidentielle au Venezuela, pays qu'il dirige depuis 1998.

Le président vénézuélien Hugo Chavez, 58 ans, a été réélu dimanche pour un nouveau mandat de six ans face au jeune candidat d'opposition, Henrique Capriles. Il conforte ainsi son image de figure dominante de l'histoire de l'Amérique latine moderne.

«Le candidat Hugo Chavez Frias (a obtenu) 54,42% des suffrages», c'est-à-dire 7'444'082 millions de voix, alors que le principal candidat de l'opposition Henrique Capriles Radonski a réuni 44,97% des voix, soit 6'151'544 des bulletins de vote, a déclaré la présidente du Conseil électoral national (CNE), Tibisay Lucena. «Nous avons atteint une des participations les plus élevées de ces dernières décennies», à 80,94%, a-t-elle ajouté.

Les partisans du président ont afflué dans les rues de Caracas et allumé des feux d'artifices pour célébrer la victoire d'un homme qui a un statut quasi-messianique parmi les pauvres de son pays. Le soulagement était également de mise chez ses alliés dans la région, cubain et bolivien, qui comptent sur la manne pétrolière vénézuélienne pour leur financement.

Capriles félicite Chavez

L'ambiance était au contraire à la tristesse au siège de campagne d'Henrique Capriles où certains de ses partisans étaient en pleurs. L'air abattu, il a accepté sa défaite et adressé ses «félicitations» au président.

Le jeune quadragénaire s'est dit fier du grand nombre d'électeurs qui ont choisi de voter pour lui. L'opposition, unifiée sous la bannière de la coalition Unité démocratique, va désormais se préparer aux élections régionales de décembre où elle tentera d'accroître son influence au niveau local.

Trois leaders de la gauche latino-américaine, la présidente argentine Cristina Kirchner et les présidents équatorien Rafael Correa et bolivien Evo Morales ont également salué la réélection du président vénézuélien.

Reste des problèmes de base

Depuis son arrivée au pouvoir fin 1998, l'ancien militaire haut en couleurs s'est posé en porte-drapeau de «l'anti-impérialisme», critiquant allégrement les Etats-Unis tout en se liant à des régimes critiqués par l'Occident comme l'Iran ou la Biélorussie.

Se voulant l'héritier du héros de l'indépendance Simon Bolivar, Hugo Chavez a consacré les dollars du pétrole vénézuélien à des programmes de lutte contre la pauvreté. Il a habilement joué ses origines modestes pour établir une relation étroite avec le peuple.

Cela lui a permis d'assurer sa réélection pour un nouveau mandat de six ans, confortée par un excellent taux de participation. Mais le score important réalisé par l'opposition montre une montée du mécontentement populaire face aux problèmes de base non résolus par le président sortant: criminalité, mauvais état des routes, pannes de courant et corruption endémique à tous les niveaux.

Par le passé, le président Chavez a souvent profité de ses victoires électorales pour mettre en oeuvre des réformes radicales. Son goût pour les nationalisations pourrait toucher de nouveaux secteurs comme la banque, l'alimentaire ou la santé.

Chauve, épuisé puis énergique

Après avoir modifié la constitution pour permettre à un candidat de se présenter autant de fois que possible, M. Chavez pourrait aussi être tenté retoucher une fois encore la loi fondamentale pour maintenir sa formation, le Parti socialiste, si le cancer, qu'il semble avoir vaincu pour l'heure, devait revenir.

Pendant une année de soins, entre la mi-2011 et la mi-2012, Hugo Chavez a subi trois opérations pour deux tumeurs cancéreuses, ainsi qu'une chimiothérapie, qui l'ont laissé chauve et épuisé. Il n'en a pas moins réalisé une fin de campagne énergique, se prenant même à danser, chanter ou jouer de la guitare.

Le président entamera son nouveau mandat le 10 janvier. Sa réélection se traduira vraisemblablement par une augmentation des investissements de la part des pays alliés comme la Chine, la Russie, l'Iran ou la Biélorussie. Les relations avec Washington devraient rester tendues mais cela n'a pas empêché l'or noir vénézuélien de couler à flot vers les Etats-Unis ces derniers années.

Chavez s'exprime devant ses partisans après l'annonce de sa victoire

(ats)

Pour la délégation suisse, un scrutin «calme et transparent»

La délégation suisse invitée comme observatrice à l'élection présidentielle au Venezuela n'a fait état d'aucun problème majeur. Elle évoque même un scrutin à la fois «sérieux et légitime», «calme et transparent», selon les propos du conseiller national Antonio Hodgers (Les Verts/GE). Interrogé par l'ats dans la nuit de dimanche à lundi, Antonio Hodgers a indiqué que «le scrutin n'avait pas connu de problèmes» dans les 50 bureaux de vote observé par la délégation dont il était rattaché dans l'Etat de Barinas, région d'origine du président Hugo Chavez. Il estime que le processus électoral a été «transparent». Même écho, selon lui, des six autres membres de la délégation helvétiques, présents dans différentes régions du pays pour observer le processus électoral avec une totale liberté de mouvement.

M. Hodgers dit avoir été impressionné par les mesures de sécurité et la couverture militaire «hallucinante» pour cette présidentielle. Il dit aussi avoir été marqué et touché par les nombreuses personnes venues très tôt le matin pour faire parfois jusqu'à 4 à 5h de queue devant les bureaux de vote.

«J'ai été frappé par la fierté des gens pour leur démocratie qui fonctionne», a ajouté le Vert genevois. Il a aussi observé que la polarisation entre les partis politiques, médiatisée au niveau national, était peu ressentie au niveau local dans la région où il a suivi le scrutin. La délégation helvétique est composée du conseiller aux Etats Luc Recordon (Les Verts/VD), et des conseillers nationaux Ada Marra (PS/ VD), Antonio Hodgers (Les Verts/GE) et Mathias Reynard (PS/VS). L'ancien député national Franco Cavalli, l'ex-ambassadeur de Suisse au Venezuela entre 2003 et 2007 Walter Suter, ainsi que le journaliste indépendant Sergio Ferrari les accompagnent aussi.Les participants ont répondu à une invitation officielle du Conseil électoral national de ce pays d'Amérique latine. Ils font partie des 200 personnalités internationales sont venues du monde entier pour accompagner ce scrutin.

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