Actualisé 17.12.2011 à 09:24

«Contre-révolution»

Huit morts dans des affrontements en Egypte

Les affrontements entre forces de l'ordre et manifestants dans le centre du Caire ont fait huit morts et 299 blessés vendredi, selon un bilan diffusé samedi par le ministère de la Santé.

«Le bilan des incidents de vendredi devant le siège du gouvernement est passé à huit morts et 299 blessés», a déclaré Adel Adaoui, adjoint du ministre de la Santé, cité par l'agence officielle Mena. Un précédent bilan faisait état de 3 morts et 257 blessés.

Les forces de l'ordre ont repris le contrôle samedi tôt dans la matinée des abords du siège du gouvernement, où les violents affrontements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

D'importants effectifs de soldats et de policiers ont barré les accès à ce secteur, en déployant notamment des barbelés, à quelques centaines de mètres de la place Tahrir.

Après quelques heures de calme, des heurts sporadiques ont toutefois repris dans le courant de la matinée avec des groupes de manifestants jetant des pierres et des cocktails molotov, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les affrontements avaient débuté vendredi matin entre les forces de l'ordre et des manifestants qui campaient depuis fin novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination par l'armée d'un Premier ministre, Kamal el-Ganzouri, qui fut déjà chef du gouvernement sous le président déchu Hosni Moubarak.

Ces heurts sont survenus alors que le pays est engagé depuis le 28 novembre dans des élections législatives, jusqu'à présent largement dominées par les formations islamistes.

Ces violences sont les plus importantes depuis des affrontements entre manifestants anti-armée et forces de l'ordre qui avaient fait 42 morts en novembre dans le même quartier du Caire, quelques jours avant le début du scrutin.

(afp)

Une «contre-révolution»

Les manifestants qui affrontent les forces de l'ordre au Caire depuis vendredi ne veulent pas une «révolution» mais une «contre-révolution», a déclaré samedi le Premier ministre Kamal el-Ganzouri dans une conférence de presse.

«Ceux qui sont à Tahrir ne sont pas les jeunes de la révolution», a-t-il dit en allusion à la révolte qui a débouché sur la chute de Hosni Moubarak. «Ce n'est pas une révolution, mais une contre-révolution», a-t-il dit en référence aux accrochages qui ont fait officiellement huit morts et près de 300 blessés.

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!