Actualisé 11.04.2011 à 06:51

Présidentielle au PérouHumala au 2nd tour, incertitude sur son rival

Le candidat de gauche Ollanta Humala sera présent au second tour de l'élection présidentielle au Pérou, selon des projections et un décompte officiel partiel dimanche soir.

L'ancien lieutenant-colonel Humala, 48 ans, qui avait été battu au second tour en 2006, obtenait 26,6% des voix.

L'ancien lieutenant-colonel Humala, 48 ans, qui avait été battu au second tour en 2006, obtenait 26,6% des voix.

Si Ollanta Humala, candidat de gauche est assuré d'être au 2nd tour, l'identité de son rival, Pedro Pablo Kuczynski ou Keiko Fujimori, est encore très incertaine.

L'ancien lieutenant-colonel Humala, 48 ans, qui avait été battu au second tour en 2006, obtenait 26,6% des voix, selon les résultats partiels annoncés par l'Organisme électoral (ONPE) vers 20H00 locales (03h00 suisse lundi).

Trois sondages sortie des urnes avaient auparavant donné Humala large vainqueur du premier tour, avec plus de 31,6 % des voix.

Mais une grande indécision régnait sur son rival au second tour, le 5 juin: pour l'ONPE, l'ex-Premier ministre libéral (2005-06) Pedro Pablo Kuczynscki, 72 ans, arrivait en deuxième position, avec 24,5% des voix.

Derrière lui, Keiko Fujimori, la députée de droite populiste de 35 ans et fille de l'ancien président autoritaire des années 1990- 2000 aujourd'hui emprisonné, Alberto Fujimori, obtenait 21,1% des voix.

Malgré une décennie de développement économique, un tiers des Péruviens vit sous le seuil de pauvreté et nombre d'électeurs ont été séduits par Ollanta Humala. Ce dernier s'est donné une image d'homme du peuple par contraste avec ses trois adversaires présentés comme des défenseurs des puissants.

Agé de 72 ans, Pedro Pablo Kuczynski est un ancien banquier de Wall Street et il est surtout soutenu par les classes aisées de Lima, la capitale. Il est surnommé «El Gringo» en raison de son ascendance européenne.

Sondages trompeurs

Selon les sondages à la sortie des urnes, c'était au contraire Fujimori qui affronterait Humala: elle devancerait Kuczynski de 1,8 à 3 points, selon les instituts.

«On nous donnait morts, et voila qu'on ressucite !», a lancé Kuczynski à ses partisans à Lima, les appelant à la patience en vue d'un lent décompte.

Une photo fiable du second tour pourrait ne pas émerger avant plusieurs jours, comme en 2006, en raison d'un décompte officiel très lent et de recomptages.

Un éventuel duel Humala-Fujimori exigerait de choisir entre un candidat de gauche nationaliste, accusé par ses adversaires de vouloir copier le président antilibéral du Venezuela Hugo Chavez, et la fille d'un ex-chef d'Etat autocratique, incarcéré pour crimes contre l'humanité.

Un choix «entre un passé sombre et un saut dans le vide», a estimé Alejandro Toledo, l'ex-président centriste de 2001 à 2006, quatrième avec 15,6% des voix, selon le decompte officiel partiel.

Pour le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, battu par Alberto Fujimori lors de la présidentielle de 1990, ce duel serait «une catastrophe».

Près de 20 millions de Péruviens ont voté dans le calme pour élire un successeur à Alan Garcia (centre-droit) au terme d'une campagne dominée par l'urgence de partager la croissance record ( 8,78% en 2010), qui a oublié en chemin 34% de personnes vivant dans la pauvreté. (ats)

Ollanta Humala, militaire de gauche, espère saisir sa seconde chance

L'ex-militaire de gauche nationaliste, Ollanta Humala, arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle au Pérou dimanche, se voit offrir une seconde chance d'accéder à la tête de l'Etat le 5 juin. Il y a cinq ans, il avait dû s'incliner face à Alan Garcia.

Ce fin et athlétique lieutenant-colonel retraité de 48 ans, qui combattit la guérilla maoïste dans les années 90, affrontera cette fois-ci au second tour Keiko Fujimori ou Pedro Pablo Kuczynski, au coude-à-coude selon les premiers décomptes.

Avant d'entrer en politique en 2005, Humala était surtout connu pour avoir été brièvement emprisonné après un soulèvement sans effusion de sang contre le président autoritaire Alberto Fujimori (1990-2000) déjà sur le départ.

En 2006, il avait créé la sensation en remportant le premier tour de la présidentielle, mais avait perdu au second contre Alan Garcia (centre-droit) qui l'avait qualifié de «Chavez péruvien», en référence au président du Venezuela, chef de file de la gauche radicale latino-américaine.

En 2011, Humala a retouché son discours et son image. Il a troqué son tee-shirt rouge de 2006 pour un blanc ou un costume sombre quand il rencontre le patronat ou le chef de file de l'Eglise catholique issu de l'Opus Dei, s'affichant avec lui contre l'union civile gay.

Issu d'une famille nationaliste -il porte le prénom d'un mythique guerrier inca- Ollanta Humala se définit comme «ni de droite ni de gauche, mais «d'en bas», «du peuple», tout en brandissant «l'étendard de la lutte contre l'injustice sociale, étendard historique de la gauche».

Il promet des «politiques d'Etat» dans des secteurs comme l'énergie, de taxer davantage les profits des grands groupes miniers, mais rejette une «étatisation» de l'économie, ou une mise sous tutelle de la Banque centrale.

Il aimerait changer la Constitution, mais seulement si le parlement le souhaite. Il a surtout pris ses distances d'avec Hugo Chavez et cite en exemple le «modèle» du Brésil, devenu «une des plus grandes économies tout en progressant dans l'intégration sociale».

Posé devant les médias, mais harangueur en meeting, Humala intimide encore la Bourse, les milieux d'affaires ou la bourgeoisie de Lima, mais il effraie moins.

La naissance de son 3e enfant en pleine campagne a encore contribué à adoucir son image. «J'ai pas mal changé», résume-t-il, espérant que cela suffira cette fois pour lui ouvrir les portes de la présidence.

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