Actualisé 29.06.2020 à 05:43

Bergame (I)

«Ici, il y a l'Italie qui a souffert, qui a été blessée, qui a pleuré»

Dimanche soir, les Italiens ont rendu hommage aux personnes mortes du nouveau coronavirus dans la province martyre de Bergame, dans le Nord du pays.

Le président italien Sergio Mattarella a rendu hommage dimanche soir aux personnes mortes du nouveau coronavirus dans la province martyre de Bergame, dans le Nord de l'Italie, évoquant des «cicatrices indélébiles» pour le pays. «Ici, à Bergame, ce soir, il y a l'Italie qui a souffert, qui a été blessée, qui a pleuré. Et qui, tout en voulant reprendre le rythme de la vie, sait qu'elle ne peut oublier ce qui s'est passé», a souligné Sergio Mattarella.

Le nouveau coronavirus a fait plus de 6000 morts dans la province de Bergame. Les images de dizaines de cercueils rassemblés dans l'église du cimetière de la ville et le macabre cortège des camions militaires les transportant avaient fait le tour du monde en mars, témoignant du drame vécu par cette province.

Durant la crise sanitaire, en raison des mesures de confinement, les défunts n'avaient pas eu droit à des funérailles. Pour rendre hommage aux victimes, une cérémonie était organisée dimanche soir au cimetière monumental de la ville, en présence du chef de l'Etat et des 324 maires des communes touchées, qui arboraient tous un masque et l'écharpe tricolore.

Les proches des victimes n'ont pu être invités, trop nombreux pour garantir la distanciation physique, mais des membres du choeur ont aussi été touchés par le drame. Une minute de silence a été observée. Puis le président Mattarella a déposé une couronne de fleurs au pied du monument funéraire, tandis qu'une jeune bénévole lisait une poésie.

«Des images impossibles à oublier»

«L'épidémie a changé nos vies, laissant des cicatrices indélébiles qui ont changé nos priorités», affirmé M. Matarella. «Des vies arrachées, souvent sans une dernière étreinte, sans un dernier au revoir (...) tous nous conservons des images impossibles à oublier». «Se souvenir signifie réfléchir sérieusement (...) sur ce qui n'a pas fonctionné, les carences du système», mais aussi se rappeler du positif, de «l'extraordinaire disponibilité et humanité» du personnel médical ou des forces de l'ordre, a-t-il souligné.

Le Requiem du compositeur bergamasque Gaetano Donizetti a été ensuite interprété par le choeur et orchestre du festival d'opéra Donizetti de Bergame. Des proches de victimes ont déposé une cinquantaine de plaintes le 10 juin auprès du Parquet de Bergame pour demander justice et dénoncer des dysfonctionnements.

«L'unique assassin était ce maudit virus»

«J'espère que le gouverneur (de la région Lombardie, à laquelle appartient à la province, Attilio Fontana) saisira cette occasion pour écouter la douleur de Bergame, et que, devant le cimetière monumental, qui a été le symbole d'une hécatombe, il demandera pardon publiquement aux citoyens», avait souhaité Luca Fusco, le porte-parole du comité «Nous dénoncerons – Vérité et justice pour les victimes du Covid-19». Attilio Fontana a répliqué que «l'unique assassin était ce maudit virus», en ajoutant que «la paix ne se trouvera pas en attisant des vengeances inutiles».

L'épidémie a fait plus de 34’000 morts en Italie, premier pays en Europe à avoir été touché et où elle semble désormais en grande partie maîtrisée.

(AFP)

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