Actualisé 24.05.2007 à 20:08

Igor Blaska: «C'est difficile de trouver des mélodies géniales»

LAUSANNE – Igor Blaska, DJ et directeur du MAD, sort aujourd'hui la compilation house «Nique Session 2007».

La première compilation «Nique» est sortie en été 2005. Le succès a été immédiat. La raison? Tous les titres house qui cartonnent en boîte sont regroupés sur un CD. Interview avec l'initiateur du concept «Nique».

– Quels sont les titres de la compil qui vont cartonner le plus, selon vous?

– «Rejection», de Martin Solveig, «Calabria 2007», d'Enur, le remix de Seal, «Killer», «Living on Video», de Pakito et peut-être encore «Proper Education», d'Eric Prydz Vs. Floyd.

– On entend actuellement beaucoup d'anciennes chansons remixées dans les clubs. Vous suivez donc la tendance?

– D'après moi, il est très difficile aujourd'hui de retrouver des mélodies géniales. Tous les producteurs actuels reprennent des vieilles mélodies, d'il y a dix ou vingt ans, et les remixent au goût du jour en leur donnant l'énergie et la rythmique d'aujourd'hui. Quand on est au studio, je ressens vraiment ce manque d'inspiration: on n'arrive pas à trouver des mélodies aussi géniales qu'à l'époque. J'ai connu les originaux et aujourd'hui je les repasse avec le son actuel. Le résultat est une nouvelle chanson.

– Cela vous a pris combien de temps pour réaliser la compil?

– Ce qui prend du temps, c'est d'obtenir les autorisations de tous les artistes pour avoir le droit d'utiliser les titres sur la compil. Cela prend plus ou moins un mois. Le travail en studio, que nous avons réalisé chez Damp Productions à Neuchâtel, prend ensuite environ une semaine, pour mixer et affiner le son.

– A combien d'exemplaires le disque a-t-il été édité?

– Six mille, ce qui est beaucoup pour la Suisse. Les 80% seront vendus en Suisse romande. Car il y a une grosse barrière entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. Alors que des artistes comme Sir Colin ou DJ Antoine vendent les 80% de leurs disques en outre-Sarine.

– C'est votre 3e compil «Nique». Vous comptez en sortir une chaque année?

– Quand on a fait la première, on ne pensait pas en sortir une deuxième et pareil pour la troisième. Mais je me dis que tant que ça plaît, il n'y a pas de raison qu'on ne recommence pas! La no 2 est la compilation qui a le mieux marché en Suisse romande en 2006, donc les gens attendent impatiemment la troisième.

– Rappelez-nous le concept de Nique...

– A la base, cela vient d'un joke, qu'on a utilisé pour des slogans de T-shirts. On a remplacé le mot «love» par le mot «nique». Le concept a cartonné! On en vend plus ou moins mille par année. Après, on a fait les soirées «Nique», et enfin est venue l'idée de la compil.

– Vous mixez tous les week-ends?

– Oui, soit au MAD, soit à l'Amnésia. Mais aussi à Genève, au Globull à Bulle. Je vais mixer lors de la Lake Parade. Je mixe aussi à l'étranger une fois tous les mois, comme au Luxembourg et à Ibiza.

– Entre votre poste de directeur du MAD et votre hobby de DJ, auquel accordez-vous le plus de temps?

– J'accorde plus de temps au MAD, évidemment. DJ est une activité accessoire. Au lieu d'aller jouer au tennis, je mixe! (Rires.) Ce qui est génial, c'est que mes deux activités sont compatibles. Quand je programme, ça me donne des filons pour les disques que je pourrais passer. Je reçois des disques tous les jours. Et quand je mixe, je me rends bien compte de ce que les gens aiment, ce qui m'aide à programmer les artistes qui se produiront au MAD. Sans le MAD, je n'aurais jamais pu mixer comme je le fais.

– Quels sont les DJ que vous prenez comme modèles?

– Je crois qu'il faut éviter un maximum de prendre des modèles car finalement tu copies et tu n'es jamais toi-même. Mais il y a des gens dont je reconnais le talent, comme Eric Morillo. Chaque DJ qui a réussi a quelque chose qu'on aimerait bien avoir. J'adore David Guetta, Bob Sinclar, Hernan Cattaneo...

Caroline Goldschmid

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