Actualisé 29.02.2012 à 15:21

France

Ikea accusée de surveiller son personnel

La branche française du géant suédois de l'ameublement a déclaré vouloir «faire toute la lumière» sur des pratiques de «flicage» de son personnel et de clients, dénoncées mercredi par un journal.

Selon l'hebdomadaire satirique «Le Canard Enchaîné», la «direction risque» d'Ikea France a passé un accord avec des enquêteurs privés pour obtenir des informations issues de fichiers de la police concernant des salariés avant embauche, des syndicalistes, voire des clients en cas de différend commercial.

Les renseignements seraient puisés dans le fichier informatisé Stic (système de renseignement des infractions constatées), une immense base de données contenant plusieurs millions de noms, ou dans ceux du permis de conduire ou des immatriculations de véhicules. Selon Le Canard Enchaîné, des salariés ont l'intention de porter plainte.

La direction veut y voir clair

«On souhaite faire toute la lumière sur cette situation. On a décidé d'entreprendre toutes les vérifications qui s'imposent pour savoir ce qu'il en est exactement», a déclaré le directeur de la communication d'Ikea Afrance Pierre Deyris à l'AFP.

«On désapprouve de façon claire et vigoureuse toutes ces pratiques illégales qui peuvent porter atteinte à des valeurs importantes» comme «le respect de la vie privée», a-t-il ajouté.

Le ministère de l'Intérieur a dit attendre l'ouverture d'une enquête judiciaire pour envisager d'éventuelles suites disciplinaires.

«Lorsqu'une ou des plaintes auront été déposées, l'enquête judiciaire devra déterminer si des fichiers comme celui du Stic, des immatriculations ou des permis de conduire ont été interrogés de manière illicite», ajoute-t-on au ministère.

«Dérives marginales»

De source policière, on reconnaît que «d'anciens policiers, reconvertis dans la sécurité privée, peuvent être tentés d'utiliser leur réseau pour obtenir indûment des renseignements», tout en précisant qu'il s'agit de «dérives marginales».

«Il y a une traçabilité dans la consultation de ces différents fichiers qui permet d'avoir une vision très claire de qui consulte quoi», a-t-on fait valoir.

Chaque année des sanctions, pouvant aller jusqu'à la révocation, sont prononcées contre des fonctionnaires, notamment des policiers, pour avoir indûment consulté ou fourni des renseignements puisés dans le Stic. (afp)

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