Vernier (GE): Ikea soigne les employés de ses sous-traitants
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Vernier (GE)Ikea soigne les employés de ses sous-traitants

Le Suédois Ikea, qui a construit pour 100 millions de francs un centre commercial à Vernier (GE), a fait un geste en faveur des employés de ses sous-traitants.

Suite aux pressions du syndicat Unia, le Suédois Ikea a versé 20'000 francs, dont une moitié au nom de l'entreprise zurichoise Etavis Beutler, pour régler la différence avec le minimum prévu par les conventions collectives de travail (CCT).

«C'est la première fois en Suisse qu'un maître d'ouvrage s'est reconnu solidairement responsable de la violation, par ses sous-traitants, des conditions de travail définies par voie de CCT», s'est félicité dimanche Unia. Le syndicat doit encore identifier les salariés lésés pour leur verser la somme manquante.

Durant près de deux ans, des centaines de travailleurs de la construction et d'artisans ont oeuvré sur le chantier de Vernier où le géant du meuble offre 31'000 mètres carrés de surface de vente. Or, les conditions de travail n'étaient pas irréprochables, a relevé Unia. Il en veut pour preuve les violations des CCT constatées par les inspecteurs du travail entre avril et juin 2010, soit près de 40 cas.

Les employés lésés venaient essentiellement de Suisse alémanique, d'Allemagne et d'Europe de l'Est. Ils recevaient des salaires inférieurs de 10%, si ce n'est davantage, aux salaires minimaux en vigueur, a calculé le syndicat. Des sous-traitants ne remboursaient pas les frais de déplacement ou modifiaient la durée de travail sans respecter la procédure définie par la CCT.

Manifestation dissuasive

«Dans un premier temps, Ikea se retranchait derrière le fait que l'entreprise n'était pas juridiquement responsable; la menace d'aller manifester le jour de l'ouverture du centre, le 15 septembre, les a fait changer d'avis», a déclaré dans «Le Matin Dimanche» Nuno Dias, d'Unia Genève.

Le syndicat estime toutefois qu'il s'agit d'un «signal fort» contre le contournement de certaines CCT par «des sous-traitants irresponsables ou de faux indépendants». Unia a l'ambition de faire reconnaître au niveau suisse la responsabilité solidaire du maître d'ouvrage quant au respect des CCT. Le Conseil fédéral avait déjà pris position en affirmant qu'une telle mesure constituerait «une atteinte considérable à la liberté contractuelle» et la jugeait «inapplicable». Pour Unia, l'exemple d'Ikea prouve le contraire. (ap)

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