Actualisé 09.10.2017 à 19:27

Football - Coupe du MondeIl a dit «gagner» ou «essayer de gagner»?

La conférence de presse de l'équipe de Suisse a laissé dubitatif certains journalistes portugais qui ne savaient pas comment interpréter une phrase de Vladimir Petkovic.

de
Robin Chessex, Lisbonne

Vladimir Petkovic est un homme qui n'a pas peur de créer l'émoi autour de lui. Avec sa dernière déclaration en conférence de presse, lundi, il a semé le trouble au sein des représentants de la presse portugaise présents. Alors que le sélectionneur venait de quitter la salle, des murmures se sont échangés entre certains journalistes lusitaniens.

L'un d'eux m'interpelle alors: «À la fin, il a dit «nous allons gagner» ou «nous allons essayer de gagner»? Car la traductrice a dit «nous allons gagner» mais ça m'étonne qu'il ait dit ça.» Je lui réponds que c'est peut-être vraiment ce qu'il a dit mais qu'il peut aussi s'agir d'une figure de style, ou d'une mauvaise maîtrise de la langue de Goethe de la part du sélectionneur, plutôt italophone. Mon explication a l'air de rassurer énormément un autre journaliste portugais qui se tenait à côté. Pour lui, bien sûr, cela ne peut être que ça, il n'a pas pu dire «nous allons gagner». Nous vous laissons le soin, dans la vidéo ci-dessus, de faire votre interprétation des mots du coach suisse.

Il faut savoir que pour beaucoup de gens au Portugal, une victoire de la Suisse paraît complètement improbable. La plupart des lisboètes rencontrés, journalistes compris, considèrent que la Nati va «mettre le bus» devant le but, selon l'expression consacrée. Il est d'ailleurs intéressant de voir que peu ont une idée du style de jeu mis en place par Vladimir Petkovic, porté vers l'avant et avec la volonté d'une possession de balle. Aucun n'imagine la Suisse «jouer» contre le Portugal.

Un journaliste italien de AC Milan TV, sans doute plus neutre, est plus optimiste pour la Suisse. «Vous avez une bonne équipe, me dit-il, vous pouvez faire le nul. Il y a de très bons joueurs dans cette équipe, par exemple Ricardo Rodriguez…» Peut-être qu'en fait, il n'était pas si neutre. Cette conférence de presse a d'ailleurs été menée avec conviction par Vladimir Petkovic, affirmant que la Suisse «était incapable de jouer le nul».

Xhaka absent à la dernière minute

Alors que Granit Xhaka était prévu à cette conférence de presse, il a été annoncé, cinq minutes avant, qu'il ne pourrait pas être présent. Petit murmure dans la salle. Qu'est-ce qui empêcherait le milieu d'Arsenal de venir au dernier moment? Serait-il blessé? Renseignement pris, Xhaka aurait trop mal à la gorge pour parler. Une excuse étrange.

Un journaliste de la télévision portugaise semble paniqué à cette annonce car il s'apprête à présenter, devant la caméra, la conférence de presse et avait prévu la venue de Xhaka. ll me demande qui est Dzemaili, ce joueur de Toronto. Je lui réponds qu'il jouait à Bologne et au Napoli avant (mais je ne le corrige pas sur le fait que maintenant il est à Montréal plutôt). Il semble reprendre son calme.

Malgré son extinction de voix, Xhaka aurait clairement pu participer à cette conférence, car Dzemaili n'a pratiquement jamais été interrogé. Le Gunner était présent à l'entraînement qui a suivi, ce qui a rassuré pas mal de monde. La réponse viendra demain soir. Et peut-être que les journalistes portugais pourront enfin savoir avec certitude ce que Vladimir Petkovic a voulu dire.

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