Hockey sur glace: «Il a oublié de découvrir notre logo et a dû revenir»
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Hockey sur glace«Il a oublié de découvrir notre logo et a dû revenir»

Dans le vestiaire du Genève-Servette HC, un jeune joueur tête en l'air aurait eu mauvaise conscience si les Aigles avaient raté les play-off, lundi passé.

par
Oliver Dufour
Marcher sur logo posé sur le sol du vestiaire est un sacrilège qui effraie les hockeyeurs du monde entier.

Marcher sur logo posé sur le sol du vestiaire est un sacrilège qui effraie les hockeyeurs du monde entier.

C'est une tradition connue et respectée globalement dans tous les clubs en mesure de s'offrir l'impression de leur logo au milieu de leur vestiaire. Personne n'a le droit de marcher dessus. Pas question de commettre un tel sacrilège! «On ne marche jamais sur le logo du club. C'est une question de respect de ce blason, des anciens joueurs qui ont porté haut ses couleurs», confirme Aurélien «Jimmy» Omer, responsable du matériel et véritable «nounou» au Genève-Servette HC. «C'est comme avec les maillots de match: jamais ils ne doivent toucher terre. Je me sens mal si j'en fais tomber un quand je les mets au lave-linge.» À Genève, tout membre du club surpris en train de fouler au pied le logo écope d'une amende s'élevant à 200 francs.

Garant de cette coutume dans le vestiaire des Aigles, Jimmy s'était occupé voilà quelques années de faire fabriquer un tapis avec un «faux» emblème du GSHC, permettant de recouvrir le vrai pour permettre à tous de circuler librement dans le vestiaire et ainsi éviter l'impardonnable outrage. «Cet autre logo est grenat et gris, donc pas aux bonnes couleurs. Mais les joueurs sont malgré tout très peu nombreux à marcher dessus», révèle le témoin de tout ce qui se passe au cœur du vestiaire.

«Tant qu'on gagne, c'est la même personne qui gère le tapis»

Ce n'est qu'à l'approche d'un match, lorsque s'effectuent les préparatifs en vue du soir, que le tapis gris est roulé et rangé pour dévoiler l'emblème authentique. Et là encore, les hockeyeurs étant souvent très superstitieux, il y a le rituel dans le rituel. «Tant qu'on gagne, c'est la même personne qui est chargée de rouler ou de dérouler le tapis, raconte Jimmy. Par exemple, en début de championnat, nous avions eu une bonne série où c'était notre chef de presse qui s'en occupait. Et en cette fin de saison, c'est au tour d'un jeune joueur dont je tairai le nom, parce que ça fait partie de la superstition. D'ailleurs, lundi après l'entraînement matinal précédent le match contre Zurich, il avait quitté les Vernets en oubliant de découvrir le logo en vue de la partie du soir. J'ai dû lui téléphoner pour qu'il revienne. D'habitude, si on demande à un joueur de retourner à la patinoire pour un truc, c'est un peu agaçant. Mais là il s'en voulait et il a fait le trajet rapidement sans rechigner pour réparer l'impair. C'est davantage une marque de respect qu'une véritable superstition.» Mais que se serait-il passé dans les têtes si d'aventure le GSHC avait été battu par le ZSC et s'était retrouvé privé de play-off?

La superstition n'est en effet jamais très loin. «Je suis partisan de ne rien changer aux habitudes, même en cas d'événement exceptionnel, admet Jimmy. Même si je sais que c'est une connerie, je ne pourrai m'empêcher de me dire que ça a joué un rôle si on perd. Dans la mairie de Reims, d'où je viens, il y a une photo célèbre de l'équipe de hockey en train de fêter un titre de champion de France avec des bouteilles de crémant pourri. Alors que Reims c'est LA ville du bon champagne! La raison est simple. Lors des deux premières finales que nous avions jouées, nous avions embarqué une caisse de mousseux en cas de victoire. Nous avions perdu les deux fois, se souvient l'homme à tout faire. Donc la troisième fois nous n'avions rien prévu. Et nous avions gagné!»

Il porte une casquette «GSHC champion 2010»

De même, lorsqu'il s'agit d'imprimer du merchandising spécial pour anticiper la commémoration d'un potentiel succès, une équipe peut se retrouver mal prise. «La semaine passée, on m'a demandé si on avait fait fabriquer en avance des T-shirts ou casquettes pour notre éventuelle participation aux play-off. Mais je ne suis pas fan de ce genre de truc. On avait fait faire des casquettes lors de notre dernière finale disputée: «Genève-Servette champion de Suisse 2010», qui n'avaient finalement pas servi après notre défaite contre Berne. Je ne sais pas comment ça se fait, mais il y a un de nos supporters qui en porte une régulièrement à nos matches. En NHL, ce type de marchandise passe directement au broyeur en cas de défaite.»

Dans l'immédiat, les Aigles se déplacement samedi soir à Berne pour y défier les Ours dans l'Acte I des quarts de finale de play-off de National League (20h). Et on peut être à peu près sûr qu'aucun article commémoratif ne sera prêt pour célébrer une éventuelle accession aux demi-finales, après une série au meilleur des sept matches.

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