Actualisé 18.03.2011 à 10:55

Crise en Libye

Il abandonne sa console de jeux pour combattre

Un jeune Irakien quitte Londres pour rejoindre la rébellion contre le régime Kadhafi.

«J'espère juste qu'ils vont m'apprendre à me servir d'une arme», s'inquiète Sam. Ce jeune Irakien, âgé de 19 ans, a quitté Londres pour l'Egypte afin de rejoindre la Libye, sa terre natale, pour combattre avec la rébellion contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Remuant nerveusement, l'adolescent explique pourquoi il a fait le choix radical de quitter ses amis et sa vie paisible à Londres pour un champ de bataille dans le désert.

Avec l'accord de ses parents

«Je ne pouvais plus rester là, à regarder les nouvelles. Je devenais dingue, je sentais que je devais faire quelque chose, vous voyez ce que je veux dire?», dit-il, s'exprimant en anglais avec un parfait accent londonien.

Une fois l'accord de ses parents obtenu la semaine dernière, Sam est parti pour l'Egypte rejoindre un homme d'affaires et un docteur afin de passer la frontière et entrer dans l'est de la Libye, le bastion des rebelles qui combattent pour leur survie.

Sur place, il doit recevoir une formation militaire avant de partir pour le front. «Je ne sais pas me servir d'une arme. Ma seule expérience avec un pistolet, je l'ai eu en jouant» sur une console de jeux vidéo, reconnaît-il en riant.

Un an au pays

Car ce fan de football a grandi en Angleterre sans «parler un mot d'arabe». Il n'a passé qu'un an, au début de son adolescence, en Libye pour apprendre la langue, la culture et les traditions de son pays d'origine.

Les parents de Sam font parti des milliers de Libyens ayant fui leur patrie après le coup d'Etat de Mouammar Kadhafi en 1969, et qui a été suivi d'une longue campagne pour réduire à néant les opposants à son régime.

Main de fer

Si le dirigeant libyen proclame sans cesse ne détenir aucun pouvoir, que le peuple décide pour lui-même, en réalité il dirige le pays d'une main de fer, éliminant sans pitié ses détracteurs.

«Les détracteurs du gouvernement sont arrêtés et interpellés en violation des législations libyennes et internationales. Et le sort de nombreux prisonniers politiques est une inconnue», relevait ainsi l'ONG américaine Human Rights Watch dans un rapport en 2006.

«La peur est palpable et intense parmi les citoyens libyens ordinaires», y est-il ajouté.

Mais avec le soulèvement en Libye le 15 février, la diaspora a cherché à se mobiliser.

De Malte aux Etats-Unis, en passant par Le Caire ou Manchester, les jeunes sont entrés en con4tact les uns avec les autres sur internet pour organiser de l'aide humanitaire ou des manifestations.

«C'est bizarre de voir les Libyens s'unir ainsi. Quand j'étais plus jeune, on essayait d'éviter les autres Libyens parce qu'on ne savait pas s'ils étaient pour ou contre le régime», explique un jeune homme au Caire, préférant garder l'anonymat.

«Nous voulons tous aider à notre manière: les uns lèvent des fonds, d'autres manifestent, et certains combattent», poursuit-il.

Lançant son sac à dos sur une épaule, Sam fait parti de la dernière catégorie, et avant de partir, il lève déjà deux doigts en signe de victoire, saluant ainsi une dernière fois ses amis.

«Si Dieu le veut, à mon retour (du front), nous nous retrouverons tous pour une fête à Tripoli», lance-t-il, «Priez pour nous».

(afp)

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