Escroquerie: Il abonne un client sans son accord et se fait virer
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EscroquerieIl abonne un client sans son accord et se fait virer

Un de nos lecteurs a eu la mauvaise surprise de se voir attribuer un abonnement à Cablecom sans avoir signé le moindre contrat. Le vendeur incriminé est sous le coup d'une procédure pénale.

par
Thomas Piffaretti

Internet haut débit, le téléphone fixe et la télévision numérique avec option érotique. C'est l'abonnement que Simon*, notre lecteur, s'est vu attribué par Cablecom à la fin du mois d'août. La surprise a été de taille, puisque Simon assure n'avoir absolument rien signé. Son seul tort? S'être renseigné sur l'offre de l'opérateur auprès d'un vendeur estampillé Cablecom, présent dans une grande surface. Mais Simon est catégorique, en aucun cas il n'a appliqué son paraphe sur un quelconque document, ni même fait état de sa volonté de contracter un abonnement.

La surprise passée, Simon contacte Cablecom. L'opérateur lui affirme qu'il est en possession d'un contrat signé par notre lecteur. Ce dernier ne veut rien entendre et demande l'annulation du contrat. Il renvoie également tout le matériel qui lui avait été envoyé. En retour, il reçoit une copie dudit contrat, et découvre ainsi le pot aux roses. La signature sur le contrat n'est qu'une pâle copie de la sienne.

Le démarcheur mis en cause

«C'est grave de faire une fausse signature», s'insurge Simon. Notre lecteur pense que le démarcheur a pu voir sa griffe sur sa carte d'identité. Il l'a présentée au vendeur afin qu'il puisse copier son patronyme et lui envoyer ainsi de la documentation. Mais la copie est grossière - les documents incriminés sont en notre possession. Simon avertit donc Cablecom de la malversation. Cette fois, l'opérateur veut bien entrer en matière. Il promet une enquête.

C'est une procédure standard, confirme Claude Hildendbrand, porte-parole de Cablecom. «Quand un client nous signale un problème, nous ordonnons directement une enquête et nous ressortons tous les documents en notre possession». Et dans le cas de Simon, il n'y a pas eu à tergiverser. «Oui, on reconnaît immédiatement qu'il y a eu abus; c'est même très grave», affirme Claude Hildendbrand. Rapidement identifié, le vendeur de l'abonnement est jugé responsable de l'escroquerie et est licencié sur le champ. Une procédure pénale est même lancée contre lui, et l'abonnement de Simon est résilié.

L'opérateur nuance toutefois sa part de responsabilité. Chez Cablecom, la vente d'abonnements est presque entièrement sous-traitée. L'absence de point de vente fixe oblige en effet la société à passer par des sociétés de démarchage. Pour Claude Hildendbrand, c'est un des éléments qui expliquent la mésaventure de Simon. Selon lui, il est difficile de trouver des démarcheurs toujours dignes de confiance. Même si «une grande majorité d'entre eux fait du bon boulot», assure-t-il.

Cablecom redresse la barre

Un sentiment que confirme Valérie Muster, responsable de la permanence de la Fédération romande des consommateurs (FRC). «Ça ne m'étonne qu'à moitié, affirme-t-elle. J'ai déjà entendu parler de cas comme celui-ci, même si ça n'arrive pas tous les jours». Selon elle, les démarcheurs, souvent intéressés au volume des ventes, peuvent se montrer agressifs avec les clients, «ils sont parfois prêts à tout». Et difficile pour les consommateurs de se prémunir contre le type d'escroquerie dont Simon a été victime. Il faut rester vigilent et faire valoir sa bonne foi auprès de l'opérateur en cas de litige.

En revanche, longtemps dans le viseur de la FRC pour différentes raisons, Cablecom aurait consenti beaucoup d'efforts pour corriger le tir. «Les plaintes contre l'opérateur affluaient de toute part au début de l'année, témoigne Valérie Muster. Mais on observe une accalmie depuis la rentrée». De plus, et comme preuve de bonne foi, Cablecom assure qu'il y a plus à perdre qu'à gagner dans ce type d'affaire. «Il est impossible de s'enrichir sur un cas comme ça», commente Claude Hildendbrand. L'opérateur téléphonique se dit donc désolé de cet incident, et promet de dédommager Simon.

*prénom d'emprunt

Un deuxième lecteur témoigne

Suite à la parution de cet article, un autre lecteur a contacté 20Minutes Online pour signaler un problème similaire, qui se serait passé au début de l’année. Il explique que les démarcheurs ont adopté un procédé identique à celui utilisé pour escroquer Simon.

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