Il abusait de sa patiente, il ressort libre du tribunal
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Il abusait de sa patiente, il ressort libre du tribunal

VAUD – Coupable d'avoir obtenu des faveurs sexuelles, un médecin a été acquitté. Il y avait prescription.

Seule sur un banc, la mère de la victime pleurt à la lecture du jugement. Selon les dires du juge, l'affaire est «très grave». Le médecin lausannois a suivi normalement sa patiente dix années durant, pour tenter de la sortir de l'anorexie. Avant de déraper dès 1995. Tutoiement, baisers, fellations, il a abusé pendant deux ans de la jeune femme dépressive et dépendante aux médicaments. Il a pourtant affirmé devant le Tribunal correctionnel qu'elle était amoureuse de lui. Elle finira par porter plainte en 2003. «Tu m'as détruit», lui écrira-t-elle aussi, avant de décéder dans un incendie accidentel.

La Cour a reconnu l'homme coupable d'avoir abusé de la détresse de la jeune femme. Mais l'a «libéré» car les faits remontent à 1997 et que la prescription dure sept ans. «Il s'en sort bien», a admis Valérie Favre, substitute du procureur, à la sortie de l'audience. Elle avait requis 18 mois de prison avec sursis pendant cinq ans. L'abus de la détresse est considéré comme un délit et non comme un crime, ce qui explique cette prescription raccourcie.

Mais le médecin sexagénaire n'est pas pour autant sorti d'affaire. Il devra s'acquitter de plus de 10 000 fr. et affronter le Conseil de santé. «Il risque un blâme, une amende ou un retrait de son droit de pratiquer», explique Daniel Laufer, médecin cantonal et vice-président du conseil. Et devant ce dernier, la prescription n'existe pas...

Cédric Alber/ats

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