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GenèveIl agressait au hasard pour voler et acheter de la coke

Le procès d'un très jeune multirécidiviste adepte de la violence de rue a débuté lundi au Tribunal correctionnel.

par
Jérôme Faas
En quelques mois, le cogneur a commis huit délits.

En quelques mois, le cogneur a commis huit délits.

iStock

Alors que les cas médiatisés de violence gratuite en bande se sont multipliés cet été, la Cour passait hier aux travaux pratiques. Il jugeait R., un Genevois de 23 ans. Un épisode illustre sa dérive: une nuit d'octobre 2016, en Vieille-Ville, lui et ses copains (mineurs, eux) tombent sur trois jeunes. R. veut la veste Nike de l'un d'eux. Il la réclame. L'autre refuse. Il le frappe au visage. Puis toute la bande lui tombe dessus à coups de poings, de bouteille, de barre de fer, de selle de vélo et de trottinette.

«Ça m'a dépassé»

«Ça m'a dépassé, a expliqué R. Ça allait trop loin. J'ai même dit à l'une des victimes qu'elle devait courir, partir.» La procureure, Séverine Stalder, note que ce déroulé était prévisible: «La petite bande était bien connue du quartier. (...) Ils prenaient tout ce qu'ils pouvaient pour le revendre et aller s'acheter de la cocaïne.»

Dernière station avant la psychopathie

De mars 2016 à septembre 2017, R. a commis huit délits, dont plusieurs vols de téléphones avec intimidations. Il avait déjà été condamné cinq fois. La magistrate réclame une peine de 3 ans ferme, suspendue au profit d'une mesure de placement dans une institution pour jeunes adultes. «Il faut essayer de lui donner une dernière chance avant qu'il ne devienne totalement psychopathe. Pour la première fois, il y a une prise de conscience.» R. teste depuis un an la prison des adultes. «Je vois des gens sortir, revenir deux semaines après. Ils n'ont plus de dents, plus de cheveux. Je ne veux pas finir comme ça.»

Le verdict sera rendu ce mardi.

Placer les jeunes adultes, un casse-tête

Que faire de R., qui n'est pas (encore) psychopathe? L'expert, le professeur Giannakopoulos juge la prison peu indiquée: elle risquerait d'aggraver son cas. Les foyers pour jeunes adultes? «Ils étaient rares et le sont devenus encore plus, les places allant aux mineurs. Il y a en Suisse romande un manque de structures.» Le Centre d'accueil pour adultes en difficulté, à Saxon (VS), «est quasiment la seule possibilité. Mais il y a au mieux plusieurs mois d'attente.»

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