26.08.2020 à 13:01

Meyrin (GE)Dix-huit ans requis pour avoir écrasé son rival

Mercredi, la procureure a estimé que le jeune homme qui avait écrasé son rival, en 2016 à Meyrin (GE), devait être reconnu coupable d’assassinat.

La justice doit juger l’acte criminel d’un jeune homme qui a tué son rival avec sa voiture.

La justice doit juger l’acte criminel d’un jeune homme qui a tué son rival avec sa voiture.

Keystone

Les avocats de l’homme de 24 ans, jugé par le Tribunal criminel de Genève pour avoir écrasé le nouveau petit ami de son ancienne copine, en juin 2017, sur un parking à Meyrin (GE), ont estimé mercredi que l’acte doit être qualifié de meurtre. Plus tôt dans la journée, le Ministère public avait requis une condamnation pour assassinat et une peine de 18 ans de prison à l’encontre de l’accusé. Le verdict sera rendu vendredi.

Faire l’économie de la vie sentimentale du prévenu, c’est écarter un pan essentiel du dossier, a plaidé Sylvain Zihlmann. L’avocat s’est étonné que l’accusation ait fait l’impasse sur ce qui s’est passé avant le drame et sur la relation difficile, empreinte de souffrance, que l’accusé entretenait avec son ancienne petite copine.

Pour l’avocat, le prévenu a eu un coup de folie qui a été provoqué après que son ex-copine lui a révélé qu’elle avait couché avec son nouveau compagnon. Pas question, ici, d’un meurtre de sang-froid, selon Sylvain Zihlmann. «La jalousie suit l’amour comme une ombre», a embrayé sa collègue de la défense Yaël Hayat.

Asservi par ses sentiments

Pour l’avocate, l’accusé a été asservi par ses sentiments. Le jeune homme, qualifié d’immature par les psychiatres, n’est pas parvenu à oublier son ancienne petite amie, «à tirer la prise», gardant l’espoir, sans cesse renouvelé, de reformer un couple avec elle. Il a fallu une étincelle pour mettre le feu et que tout bascule.

Lors du drame, le prévenu s’est retrouvé dans un état qui s’éloigne de la froideur de l’assassin, a ajouté l’avocate. Une vision que ne partage absolument pas le Ministère public. Dans son réquisitoire, la procureure Sophie Varga Lang a souligné le caractère monstrueux, insoutenable, de ce crime.

Non seulement, a-t-elle souligné, le prévenu, au volant de sa voiture, a percuté à plus de 50 km/h son rival alors que celui-ci quittait à pied le parking. Il l’a ensuite achevé en lui roulant dessus, alors qu’il gisait inanimé sur le bitume, le brisant «en mille morceaux, le réduisant en miettes».

Pour la procureure, cette affaire est la chronique d’une mort annoncée. Le prévenu a indiqué «10 jours avant les faits ses intentions macabres». Il a envoyé de nombreux textos et a tenu des propos dans lesquels il précise sa détermination à «se faire le nain de jardin», le tuer, l’enterrer, l’écraser avec sa voiture.

Sa voiture avant tout

La procureure a aussi relevé la froideur de l’accusé, qui décrit les faits «comme un médecin légiste», et qui n’a eu aucune pensée pour sa victime, morte à l’âge de 25 ans, écrasée «comme un chien», pour un motif futile et égoïste. Son seul regret aura été d’avoir abîmé sa voiture, s’est horrifiée la représentante du Ministère public.

Pour Sophie Varga Lang, l’accusé ne doit bénéficier d’aucune circonstance atténuante. Seule une responsabilité légèrement restreinte doit être retenue pour la fixation de la peine, a-t-elle conclu.

L’accusé a déclaré, à l’issue des débats, qu’il avait été ému par les paroles des parents de la victime, un rival amoureux qui faisait partie de son cercle de connaissances. Le Tribunal criminel rendra son verdict vendredi, à 17 heures.

(ATS/NXP)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!