Genève - Il avait étranglé sa sœur, il devra soigner son alcoolisme
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GenèveIl avait étranglé sa sœur, il devra soigner son alcoolisme

Accusé de violents brigandages, un jeune homme a été acquitté pour ces faits, mais puni pour s’en être pris à sa cadette.

par
Léonard Boissonnas
Le prévenu a admis son problème avec la boisson.

Le prévenu a admis son problème avec la boisson.

iStock

Des sorties nocturnes noyées dans l’alcool et les violences qui en découlent. C’était un peu le fil rouge de l’audience du Tribunal correctionnel de Genève, lundi. Un homme âgé de 21 ans a comparu pour onze infractions au total, dont brigandages, vols, infraction à la loi sur les stupéfiants ou tentative de lésions corporelles graves sur sa sœur.

Dès l’entame du procès, cet habitant de Versoix a dû s’expliquer sur le fait d’être sorti récemment au-delà de 21h30, une mesure ordonnée par la justice fin mai. Il a d’ailleurs été agressé lors d’une de ces sorties. «La fête me manquait», a-t-il expliqué, avant de reconnaître que ses soucis sont liés à sa consommation d’alcool: «Avant, je buvais tous les jours», a-t-il admis.

«J’ai pété un câble»

Le jeune homme a reconnu avoir «pété un câble», lorsqu’il a étranglé sa sœur chez eux. Ce soir de mars 2020, il a voulu passer par la fenêtre de la jeune femme pour rentrer dans le logement familial. Voyant qu’elle ne répondait pas, il a cassé un store, avant que sa mère ne finisse par lui ouvrir. C’est alors qu’il s’est mis à briser des objets et qu’une bagarre a éclaté avec sa sœur, qui lui a versé de l’eau chaude, avant qu’ils ne tombent. Là, il l’a serrée au cou, durant quinze secondes selon lui, trois minutes selon le tribunal, avant qu’un voisin n’intervienne. Ces faits sont survenus quelques jours après qu’il avait été blessé à la gorge lors d’une sortie, ce qui a causé un choc post-traumatique, comme a rappelé son avocate, Me Saskia Ditisheim. «Je n’avais plus le contrôle», a dit l’accusé.

En revanche, le prévenu a contesté avoir pris part à trois brigandages commis en 2018 par des connaissances (encadré). Les juges ont suivi sa version, notamment en raison de l’absence de preuves. Ils l’ont condamné à une peine de 14 mois dont 7 avec sursis. Le jeune homme devra en outre continuer à suivre un traitement pour ses problèmes d’alcool durant la durée de la mise à l’épreuve de trois ans.


«C’est fou de taper juste comme ça»

Les trois brigandages dont le prévenu a été acquitté se sont déroulés en 2018 de nuit, avec presque les mêmes protagonistes, alors mineurs. Les victimes ont été rouées de coups par les agresseurs avant d’être dépouillées. L’accusé a reconnu avoir été présent lors de l’une de ces agressions, commise près de la Gravière sur deux personnes, mais il est resté passif: «Je n’ai pas compris la scène, j’étais choqué, a-t-il relaté. C’est fou de taper des gens juste comme ça.»

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