Lausanne (VD): Il avait pointé une arme sur des soignants
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Lausanne (VD)Il avait pointé une arme sur des soignants

Le Tribunal correctionnel a ordonné mercredi un traitement en institution pour un Vaudois irascible.

par
Christian Humbert

Le cœur malade, Jean est également diabétique et souffre du sida. Mais ce Vaudois de 54 ans n'accepte pas les structures fermées: il voudrait décider seul de son sort et n'hésite pas à marquer de manière violente sa désapprobation.

Ainsi, lorsque du personnel soignant est intervenu au centre du Levant, en octobre 2012, pour le transférer à l'hôpital de Cery, c'est avec une arme pointée qu'il l'a reçu. «On a eu très peur», a décrit une infirmière au Tribunal correctionnel. Le magasin de l'arme, tenu en main par le président de la Cour hier, n'était pas engagé, ce que les victimes ignoraient lors des faits. «Les conséquences se sont fait sentir sur plusieurs mois», selon une plaignante. De plus, la police a découvert des caches d'armes appartenant à Jean: pistolets, fusils et mousquetons...

«C'est une prison à l'air libre»

Rebelote en juillet 2013, alors que Jean doit être transféré de Cery vers un établissement médico-social de la Broye: il a menacé de bouter le feu à l'EMS et de braquer la voiture de l'assistante sociale. «Je suis Lausannois, je ne veux pas aller là-bas. Il n'y a rien, à part deux chevaux et trois cochons. C'est une prison à l'air libre, lance-t-il. J'aimerais vivre dans un studio proche d'un hôpital lausannois.» La procureure Camilla Masson lui a alors rétorqué: «Vous faites peur à tout le monde.» Elle a proposé une peine de 15 mois de détention, avec déduction des 440 jours déjà purgés, peine suspendue au profit d'un traitement institutionnel.

La défense était d'accord, en déduisant encore sept jours de détention illégale (dans des lieux inadaptés faute de place en prison). La Cour a confirmé ce compromis des parties dans son verdict.

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