Tessin: Il blesse son ex avec une grenade
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TessinIl blesse son ex avec une grenade

Un quinquagénaire comparaît depuis lundi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone (TI) pour avoir blessé son ex-épouse avec une grenade l'an dernier à Buchs (AG).

par
ofu

Tout ce dont Mileva* se souvient c'est un flash suivi d'un bruit assourdissant. Ensuite plus rien. Aujourd'hui, tout ce qui reste, ce sont d'atroces douleurs. Il y a près d'un an, la Bosnienne de 59 ans a été attaquée à la grenade en pleine rue à Buchs (AG). Son mari, qui serait l'auteur des faits, comparaît depuis lundi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone (TI). L'homme de 56 ans doit répondre de tentative de meurtre, écrit mardi «Blick».

L'ambiance qui régnait lundi dans la salle d'audience est décrite comme glaciale par le quotidien alémanique. La victime a en effet refusé de témoigner en présence de son ancien époux. «J'ai peur de lui!» Ce n'est qu'après le départ de l'accusé qu'elle a commencé à raconter ce qui s'est passé le 3 avril dernier à 6h30. Comme tous les matins, Mileva se rendait chez son fils pour garder ses petits-enfants. «Tout à coup, quelque chose a explosé à côté de moi. J'ai vu plein de petits bouts voler à travers les airs», se rappelle l'ancienne aide-cuisinière. Un des débris est venu se planter dans son doigt, un autre s'est enfoncé de sept centimètres dans son ventre. Une opération d'urgence lui a sauvé la vie.

«Son alibi ne tient pas la route»

Dans un premier temps, ni elle ni le témoin présent au moment des faits ne parviennent à identifier l'auteur. Mais malgré cela, Mileva est convaincue que l'attaque a été perpétrée par son mari. Celui-ci l'aurait en effet suivie à la trace les jours auparavant: «Il savait exactement quand je me trouvais à quel endroit. Et il m'avait déjà menacée de mort.» Le procureur est lui aussi convaincu de la culpabilité de l'ex-époux. Car la grenade provient d'ex-Yougoslavie et l'alibi de l'accusé ne tient pas non plus la route, argumente Peter Lehmann. «Nous avons par ailleurs trouvé des traces ADN sur l'arme du crime.» Son motif, selon l'accusation: le quinquagénaire n'aurait plus supporté de devoir payer 2400 francs à son ex-femme tous les mois. Le prévenu aurait également refusé de partager leur maison commune en Bosnie. Et il aurait cherché à être «libre» pour vivre avec sa maîtresse.

De son côté, l'accusé nie les faits qui lui sont reprochés. Il affirme avoir été en Bosnie le jour de l'attaque. Lorsque la police l'a contacté par téléphone, il se serait alors immédiatement rendu en Suisse. Son procès continue mardi. On ignore encore la date à laquelle sera prononcé le verdict.

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